Un arbre qui ne fait pas que du vent

321
juin 2014
© DR

Un ingénieur installé en Bretagne a l’intention de faire entrer des éoliennes d’un nouveau genre dans la ville.

C’est un drôle d’arbre qui a poussé près du Radôme de la Cité des Télécoms(1), à Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), en mai dernier. Son tronc et ses branches sont en acier et ses feuilles sont de petites turbines en plastique qui s’animent au moindre courant d’air. C’est toute l’originalité du projet : arriver à capter les vents turbulents créés, notamment en ville, par l’agencement des bâtiments.

« Les courants d’air, c’est plein d’énergie, explique avec enthousiasme Jérôme Michaud-Larivière, le concepteur de l’arbre à vent et créateur de la société New Wind, implantée à Trégueux. Mais il faut savoir les capter. » Car leur puissance comme leur orientation sont par définition irrégulières. « C’est pourquoi nous avons choisi des turbines à axe vertical, qui démarrent avec des puissances de vent très faibles, inférieures à 2 m/s. » Tout l’inverse des grandes éoliennes qui ne se mettent à tourner qu’avec des vents plats ou laminaires très réguliers, et plus forts (3 ou 4 m/s).

Côté entretien, l’arbre à vent est aussi très compétitif. Basé sur le système classique de l’alternateur, le générateur de courant ne comporte ni courroies ni engrenages, qui demandent généralement beaucoup de maintenance dans les éoliennes classiques. Ici, les pâles entraînent directement les aimants qui créent le courant.

« Le problème que nous avons rencontré a été de récupérer la somme des courants de toutes les feuilles - un arbre peut en compter entre 72 et 96 - alors qu’elles n’ont pas toutes la même tension. Il faut arriver à cumuler toutes ces petites puissances pour arriver à faire beaucoup de watts ! La régulation électronique de l’ensemble de la chaîne de conversion a été notre défi technologique majeur(2). » L’autre innovation est d’avoir transformé le bobinage de cuivre, habituellement utilisé, par des circuits imprimés beaucoup plus petits et faciles à cacher dans l’armature de l’arbre, et aussi protégés de l’humidité et de la corrosion par un film de résine ultrafin.

Au final, un arbre à vent de 2,5 kW peut alimenter l’équivalent de quinze réverbères. Tandis que le prototype installé à Pleumeur-Bodou teste les vents turbulents, un autre a été implanté en Charente-Maritime, en conditions extrêmes de vent laminaire. Jérôme Michaud-Larivière envisage d’en installer un troisième en milieu urbain, à Paris, d’ici à la fin de 2014... associé à un système de recharge de voitures électriques !

Tabs

Ajouter un commentaire

L'ACTUALITÉ