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Marie Duhamel
Biologiste
Elle a reçu, le 16 mai dernier, le prix de thèse de la fondation de Rennes 1 pour l’école doctorale Vie Agronomie Santé.

« J’étudie une coopération qui fonctionne depuis plus de 400 millions d’années. »

Marie Duhamel est postdoctorante dans l’unité Écobio (Écosystèmes, Biodiversité, Évolution) de l’Université de Rennes 1.

 

J’étudie les interactions qui existent entre la plupart des plantes et certains types de champignons : les champignons mycorhiziens à arbuscules. Ces organismes vivent en symbiose : ils se rendent mutuellement service. Les champignons fournissent du phosphore à la plante, qui leur donne en retour du carbone, indispensable à leur croissance. Et ça fait plus de 400 millions d’années que ça dure ! L’objectif de ma thèse était de comprendre la stabilité de ce système. Car plusieurs champignons peuvent s’installer sur une même plante et certains essaient d’obtenir plus de carbone en fournissant moins de phosphore. Si cela perdurait, seuls les profiteurs survivraient, au détriment de la plante. Mais ce n’est pas le cas. Grâce à des outils de biologie moléculaire, j’ai suivi le trajet du carbone, de la plante vers les champignons. Et j’ai découvert que la plante repère et favorise les champignons les plus coopératifs. J’ai ensuite cherché à connaître les effets d’une baisse de la biodiversité des plantes. Avec le développement des monocultures et lorsque les champs sont fertilisés, la plante n’a plus besoin des champignons pour obtenir le phosphore, donc on ne sait pas si elle continue à sélectionner les meilleurs fournisseurs. J’ai travaillé en partenariat avec l’Université de Minneapolis, où j’ai été faire mes prélèvements. Nous avons récolté plus de 2000 échantillons ! Les derniers séquençages sont encore en cours d’analyse, mais les résultats préliminaires semblent indiquer que la biodiversité des champignons diminue. Ces résultats sont à approfondir. Pour ma part, je vais partir en postdoctorat à Stanford étudier d’autres symbioses.

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Propos recueillis par
Céline Duguey

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