Qui pose les câbles au fond de l’eau ?

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juillet 2014
Le René Descartes est un des cinq navires câbliers d'Orange Marine. Un sixième le rejoindra bientôt : le Pierre de Fermat devrait être livré en octobre prochain.
© Orange Marine

95 % des liaisons intercontinentales, essentiellement des transmissions de données et voix, se font grâce à des câbles sous-marins. Ceux-ci s’étalent sur des dizaines de milliers de kilomètres au fond des océans. Mais avant que la liaison ne soit établie, il faut d’abord caractériser la nature des fonds et l’activité marine de la zone.

« Nous connaissons bien cet environnement sous-marin », explique Raynald Leconte, président d’Orange Marine et responsable de cinq, et bientôt six navires câbliers.

Conçus pour assurer la pose de nouveaux câbles et leur maintenance, les navires câbliers sont d’énormes bâtiments de 120 m de long. À bord, une charrue de 30 t est utilisée pour creuser des sillons et enterrer les câbles dans les eaux peu et moyennement profondes (jusqu’à 500 m). « Cela correspond aux zones de pêche. Car les ennemis du câble sont l’ancrage et le chalutage, susceptibles de les arracher, précise Raynald Leconte. Au-delà, on dépose les câbles sans les enterrer. » L’autre équipement indispensable des navires câbliers est le robot téléguidé (Rov(1)) qui est descendu pour contrôler la dépose. Équipé de détecteurs, le Rov est aussi capable de retrouver un câble pour le réparer, de le couper avec une guillotine ou d’y accrocher un filin pour le remonter.

Les navires câbliers existent depuis 1860. Un nouveau navire intègre la flotte environ tous les dix ans, en suivant les progrès technologiques. Le sixième bateau d’Orange Marine, le Pierre de Fermat, qui sera prêt à l’automne et devrait être basé à Brest, en est une belle illustration. Il répond aux nouvelles préoccupations environnementales (traitement des eaux de ballast, peinture antisalissures sans biocides) et, grâce à une nouvelle forme de coque et de proue, consommera moins de fuel. Par ailleurs, il est prévu qu’il étende ses activités aux énergies renouvelables, c’est-à-dire aux câbles des éoliennes marines, plus gros et moins souples que les câbles de télécommunication.

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Nathalie Blanc

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