Portraits

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Daniel Aslanian
51 ans
Géodynamicien
Interviewé par téléphone depuis son laboratoire brestois de l’Ifremer(1) par Nathalie Blanc.

« Ma maison est construite sur une forêt de roseaux pliants et pas sur un seul chêne. »

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

Fort heureusement, je ne suis pas devenu footballeur ! Car j’avais des prédispositions... Mais sinon, n’importe quel métier où l’imagination et l’art sont requis. Ce que j’utilise d’ailleurs en cuisine, dans mon restaurant(2). Autrement mathématicien, mais j’avais dans l’idée que c’était un métier très statique. Et moi, j’avais déjà Haroun Tazieff dans les oreilles...

2

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

J’ai trouvé l’énergie de construire une nouvelle équipe pluridisciplinaire et internationale d’une vingtaine de personnes, malgré la résistance des chercheurs à aller vers des domaines qui ne sont pas les leurs. C’est à la fois drôle, désespérant..., mais gratifiant. Et aussi beaucoup de recettes de cuisine !

3

Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

En 2007, on me demande d’animer un comptoir Ifremer à Paris. La rencontre fortuite avec des Brésiliens est à l’origine de tous mes projets et collaborations actuels. Mais le hasard ne fonctionne que si l’on est prêt.

4

Qu’avez-vous perdu ?

Des cheveux et beaucoup de vacances... Mais pas l’espoir ni l’énergie !

5

Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Que l’imbécilité et la mesquinerie sont les valeurs les plus partagées au monde... Sinon, je pense que tout peut être trouvé en science. C’est seulement après que tout le monde est impliqué.

6

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Aucune découverte scientifique ne changerait ma vie. Par contre, j’aimerais que l’on trouve une autre manière de penser la société ou, pour rester dans mon domaine, une autre façon d’aborder les sciences de la mer : en mêlant intellectuels, économistes, politiques, scientifiques...

7

Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Rien. Je suis un athée convaincu et rien ne pourra me faire basculer dans l’irrationnel. Mais ma maison est construite sur une forêt de roseaux pliants et pas sur un seul chêne. Je me définis comme quelqu’un qui fonctionne dans le flou, car en science, tout se rediscute tout le temps. Et ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas quelque chose qu’elle n’existe pas ou n’est pas vraie. C’est juste que l’on n’a pas encore toutes les clefs pour les expliquer.

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