Une bonne ligne de défense

À Roscoff, des biologistes ont percé les mécanismes de défense des algues brunes.

Les laminaires sont de longues algues brunes que l’on peut croiser sur le littoral breton. Des chercheurs de la Station biologique de Roscoff viennent de découvrir un aspect étonnant de leur fonctionnement.

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septembre 2014

Lorsqu’elles sont attaquées par un organisme vivant : un pathogène ou un herbivore mangeur d’algues, la partie touchée reconnaît l’attaque et envoie un signal à l’ensemble de la laminaire pour la prévenir et déclencher une réponse immunitaire appropriée. Ce mécanisme est déjà connu chez les plantes et les animaux. « Les algues ne possèdent pas de vaisseaux comme ceux que l’on retrouve chez les plantes terrestres, explique Catherine Leblanc, qui cosigne cette étude. Mais au centre des laminaires, il existe des cellules particulières, capables de faire circuler les sels nutritifs. Il y a des chances que le message immunitaire emprunte le même chemin. » Si la comparaison avec les plantes, et même les animaux, est tentante, c’est que tous les organismes vivants, eucaryotes, ont un ancêtre commun. « Un organisme unicellulaire qui n’avait pas besoin de ce système de transmission. Cela signifie que ce mécanisme de réponse immunitaire s’est développé pour chaque branche, en parallèle, après la diversification ! »

L’équipe va poursuivre ses recherches pour comprendre quelles molécules composent le message et comment elles se diffusent. « Nous allons aussi observer d’autres algues. Et nous allons chercher à comprendre à quel moment de l’évolution ce système se met en place. On sait, par exemple, que dans des populations d’algues unicellulaires, des messages d’alerte circulent entre individus. Ce pourrait être les prémices... » Ces études pourraient, à terme, aider à mettre en place des cultures d’algues efficaces.

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