Un petit escargot bien envahissant !

326
décembre 2014
© DR

Une biologiste rennaise étudie les migrations et le potentiel invasif de l’escargot petit-gris.

Regardez dans votre jardin ou sur la pelouse du parc voisin, vous avez des chances de le croiser. Lui, c’est le petit-gris. Cornu aspersum en latin, un gastéropode originaire de la région méditerranéenne et présent depuis des milliers d’années en France et en Europe, où il est inoffensif.

Mais dans d’autres régions du monde, comme la Californie, la Nouvelle-Zélande ou l’Afrique du Sud, il pullule et fait des dégâts sur les cultures. « Il est arrivé dans ces régions à partir du 16e siècle, introduit par l’homme, explique Annie Guiller de l’unité Écobio(1) à l’Observatoire des sciences de l’Univers de Rennes (Osur), qui présentait ses travaux lors du colloque de lancement du groupe de recherche sur les espèces invasives, à Rennes, à la fin d’octobre. Sur mille espèces qui arrivent dans un nouveau milieu, une seule deviendra envahissante. Nous cherchons à comprendre pourquoi l’escargot petit-gris a eu ce potentiel ! » Avec Luc Madec, qui a initié ces travaux, la chercheuse a lancé un appel pour obtenir des spécimens de ces pays. « Nous avons reçu des échantillons de quatorze populations différentes. Sur l’un d’entre eux, venu de Nouvelle-Zélande, nous avons identifié deux groupes très distincts génétiquement, une surprise, poursuit la biologiste. Nous avons retracé les routes de migration et nous avons montré que cette population mixte était probablement le fruit de deux vagues d’introduction différentes. La première depuis l’Europe vers la Californie et la Nouvelle-Zélande, et la seconde depuis la Californie vers la Nouvelle-Zélande. »

Annie Guiller et ses collègues cherchent maintenant à décrypter les mécanismes adaptatifs, pour repérer les gènes impliqués dans un potentiel invasif. « Nous avons lancé des pistes sur les marqueurs immunitaires. Et nous allons aussi utiliser la morphométrie géométrique pour décrire et comparer les coquilles des populations natives et invasives. » Et comme le petit-gris n’est pas le seul escargot à se montrer un peu trop envahissant, la biologiste vient de déposer un dossier afin de travailler avec le Canada sur une autre espèce qui prolifère outre-Atlantique.

Tabs

Ajouter un commentaire

L'ACTUALITÉ