Gare aux protéines mal placées !

Un mécanisme de contrôle moléculaire inédit a été découvert.

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février 2015

Fins connaisseurs de la machinerie cellulaire, des chercheurs de l’Institut de génétique et développement de Rennes(1) viennent de découvrir un nouveau mécanisme de contrôle qualité, situé au cœur des cellules, dans le noyau(2). « Nous connaissons déjà des mécanismes similaires dans le cytoplasme, un autre compartiment cellulaire, qui vérifient la structure en trois dimensions des protéines, explique Gwenaël Rabut, chargé de recherche Inserm. La différence, ici, est qu’il s’agit d’un contrôle de la localisation : le mécanisme reconnaît les protéines mal situées au niveau de la membrane du noyau. » Il fait intervenir deux enzymes. La première repère la protéine mal placée ; la seconde réalise la réaction qui déclenche la dégradation : elle ajoute une chaîne de plusieurs molécules d’ubiquitine, comme une sorte de marqueur.

Ces travaux ont été réalisés sur des levures, qui sont comme des cellules humaines simplifiées, et en collaboration avec deux autres équipes(3). « À Rennes, nous avons plus particulièrement travaillé sur la réaction d’ubiquitylation. » Sous la direction de Gwenaël Rabut, Ewa Blaszczak, pour sa thèse dont la soutenance est prévue au printemps prochain, a cherché à identifier précisément les paires d’enzymes impliquées dans la reconnaissance et la dégradation de ces protéines membranaires mal placées. Car dans les levures, il existe près de 80 enzymes du premier type et une dizaine du second. Reste à voir ensuite si ces découvertes seront transposables chez l’homme.

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