Et si on mixait les énergies ?

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février 2015
© Geps Techno
Le MLiner combine quatre technologies de captage d'énergie. Des éoliennes à axe vertical (1), des systèmes houlomoteurs internes (2), des hydroliennes (3), et des panneaux solaires(4).

Une entreprise de Saint-Nazaire a conçu un système innovant capable d’exploiter quatre sources d’énergies renouvelables.

La houle, le courant, le vent et le soleil. Voilà les quatre sources d’énergie que le projet PH4S(1) porté par Geps Techno et ses partenaires(2), veut exploiter au sein d’un seul et même système flottant. « Sur notre bouée de 5-6 m de diamètre, sont installés une éolienne, des panneaux solaires, une hydrolienne et un flotteur houlomoteur, explique Jean-Luc Longeroche, cofondateur et président de Geps Techno, entreprise spécialisée dans la production d’électricité à partir des énergies marines renouvelables (EMR). C’est un système unique au monde, les autres systèmes hybrides créés à ce jour au Japon, en Corée ou au Danemark ne combinent que deux sources d’énergie. »

Pour produire en continu

Exploiter quatre sources d’énergie simultanément, c’est un bon moyen de faire baisser le coût du kWh, mais aussi de s’affranchir d’une des limites majeures des EMR : l’intermittence de la production d’électricité qui complique l’injection de cette dernière dans le réseau. « Grâce à notre système hybride, on est en mesure de produire en continu. Il est en effet rare de n’avoir ni vent, ni houle, ni courant, ni soleil au même instant. »

 La mise au point d’une technologie hybride a, par ailleurs, permis à Geps Techno de résoudre certains des problèmes que ces systèmes présentent lorsqu’ils sont exploités individuellement. « On a constaté, par exemple, que le balancement du flotteur houlomoteur entraînait le démarrage de l’éolienne à des vents plus faibles que d’ordinaire », une capacité très recherchée en matière d’éolien.

Des défis technologiques à relever

Le principal problème inhérent à la combinaison de plusieurs sources d’énergie réside en la régulation nécessaire pour tirer le maximum de puissance des quatre sources. « Notre but n’est pas d’exploiter chaque système à son maximum, mais de parvenir à extraire une puissance optimale globale. Pour ce faire, nous avons développé un logiciel de prédiction et de pilotage spécifique. » Convertir plusieurs types d’énergies combinées en amont de leur injection dans le réseau électrique n’est pas une mince affaire non plus. « Aucune solution viable n’existant à ce jour, nous avons donc développé et testé en laboratoire un nouveau procédé de nature hydraulique (et confidentiel) qui s’est révélé très prometteur. »

En avril prochain, un premier module-pilote d’une puissance de 5-10 kWh devrait être mis à l’eau dans la concession Ifremer de la rade de Brest. Une fois celui-ci éprouvé en conditions réelles, Geps Techno, espère pouvoir le commercialiser en différentes versions (deux, trois ou quatre sources combinées). « Nous serons en mesure d’ajuster le système à la demande du client, qu’il souhaite produire quelques kWh pour alimenter de petits robots en mer (surveillance, mesures, exploration...) ou plusieurs dizaines de MWh, annonce Jean-Luc Longeroche. Notre premier concept de plate-forme, le MLiner (photo), pourrait produire jusqu’à 60 MW et intéresser ainsi les exploitants de plates-formes pétrolières offshore qui cherchent à réduire leurs émissions de CO2. »

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Julie Danet

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