Prête à plonger dans le courant !

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mai 2015
© Nicolas Guillas / Espace des sciences

Avec la première hydrolienne connectée à ERDF, Sabella veut créer à Ouessant un modèle énergétique exportable.

Le monstre de 380 t a été baptisé le 24 avril, dans le port de Brest. L’hydrolienne conçue par la société quimpéroise Sabella, qui sera immergée dans le Fromveur, ce courant puissant qui longe Ouessant, est fin prête. Elle est constituée d’une embase (100 t), de contrepoids (180 t) à l’intérieur de l’embase et d’une nacelle (100 t) avec ses six pales (3 m de long), ses moyeux, ses bulbes avant et arrière. La masse de cette machine lui permettra de tenir sans fixation, sous 50 m d’eau, malgré sa hauteur (17 m) et la vitesse du courant (plus de 3 m/s par vives eaux).

L’originalité de ce moulin sous-marin ne tient pourtant pas dans des chiffres, mais dans sa technologie. « Elle est la seule hydrolienne à attaque directe et à aimants permanents, résume Alain Guerrier, directeur technique de Sabella. C’est-à-dire que lorsqu’une pale fait un tour, le générateur électrique fait un tour également. C’est une technologie conçue pour l’hydrolien. Les autres technologies sont issues de l’éolien. » En fonction du courant, les pales tourneront dans un sens ou dans l’autre, de 4 t/mn à 15 t/mn. En tournant à 10 t/mn, la puissance électrique délivrée sera de 560 kW.

La mise à l’eau est prévue à la fin de juin, par courant faible, depuis un cargo spécialisé de 200 m de long. Dès juillet, le câble de moyenne tension qui sortira de la machine arrivera sur la plage de Pen ar Lan, à Ouessant. Ce courant sera distribué par ERDF de façon transparente pour les îliens. Cette démonstration industrielle durera un an : la qualité du courant (220 volts, sans variation d’aucun paramètre) devra être irréprochable, au vu des critères d’EDF. En produisant cette énergie verte pour Ouessant, qui dépend d’une centrale au fioul, Sabella veut attirer les investisseurs et devenir leader.

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