Des diagnostics ultrarapides

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juin 2015
Hugues Tariel, président de la société Diafir créée en 2011.
© DR

Des capteurs qui transmettent la lumière dans l’infrarouge permettent d’identifier des molécules biologiques.

Longtemps confinés au domaine militaire, les infrarouges s’immiscent de plus en plus dans le civil(1). Et s’appliquent à d’autres champs que celui de la vision nocturne. Les verres qui transmettent la lumière dans l’infrarouge peuvent aussi être utilisés pour détecter des molécules biologiques.

C’est le principe de la spectrométrie et c’est sur ce créneau que l’entreprise Diafir s’est lancée, il y a maintenant quatre ans, en s’appuyant sur des connaissances développées au sein du laboratoire Verres et Céramiques de l’Institut des sciences chimiques de Rennes(2). « La spectroscopie infrarouge existe dans les laboratoires depuis longtemps. C’est le prix des appareils, qui a énormément baissé, qui permet aux applications de se multiplier et d’être accessibles au grand public », explique Hugues Tariel, le président de Diafir.

Fini les biopsies, un peu de sang suffit

L’entreprise compte d’abord se faire un nom dans le domaine de la santé et utiliser ses capteurs pour diagnostiquer rapidement et facilement des maladies. « Nous avons travaillé sur la stéatohépatite non alcoolique (ou Nash) qui est une maladie du foie normalement diagnostiquée à partir d’une biopsie. Avec le capteur ce geste chirurgical invasif n’est plus utile : une goutte de sang suffit. » Autre exemple en rhumatologie, certains dépistages demandent de garder les patients deux jours à l’hôpital sans même savoir s’ils sont malades. Cela a un coût. Le capteur de Diafir donne le résultat en dix minutes !

Une base de données à construire

Le capteur permet de générer un spectre. Après, il faut pouvoir lire ce spectre pour savoir à quelle molécule il correspond. Pour cela, Diafir est en contact avec les hôpitaux de Bordeaux, Limoges, Nice et Rennes qui lui procurent des sérums de malades du foie. « Ils nous permettent de constituer notre base d’apprentissage », explique-t-il. Pour les maladies complexes, pour lesquelles il n’existe pas de diagnostic simple, entre 500 et 1000 échantillons peuvent être nécessaires pour trouver une signature caractéristique. Diafir compte travailler sur d’autres maladies comme le cancer de la vessie, la maladie d’Alzheimer et certaines infections osseuses.

Installée dans ses nouveaux locaux depuis trois mois, l’entreprise dispose d’un local de 250 m2 encore vide où elle prévoit de fabriquer ses capteurs (fibres optiques et lentilles). « Nous avons signé un contrat avec la DGA, intéressée par de grandes quantités de capteurs pour ses propres utilisations. Cela va nous permettre de proposer des prix compétitifs et de chercher d’autres débouchés comme la domotique ou l’automobile. » La production devrait être lancée d’ici à la fin de l’année.

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Nathalie Blanc

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