Asthme : un vaccin testé dans les labos

Une équipe nantaise travaille sur un vaccin pour prévenir l’asthme.

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juillet 2015

C’est une affection qui touche 8 % de la population. Elle est encore plus courante chez les enfants. L’asthme est une maladie des bronches qui entraîne des difficultés respiratoires et des crises parfois graves, mais réversibles. « Dans 70 % des cas, l’asthme est lié à une allergie, explique Antoine Magnan, responsable de l’équipe Pathologies bronchiques et allergies à l’Institut du thorax de Nantes(1), et le plus souvent à une allergie aux acariens. » Le pneumologue et son équipe ont donc suivi cette piste, pour élaborer un vaccin préventif. « L’idée, c’est d’injecter un petit morceau d’une protéine allergène, un peptide composé d’une vingtaine d’acides aminés. » C’est à Vienne, en Autriche, que la protéine idéale a d’abord été repérée et découpée. « Nous avons testé deux morceaux, deux peptides différents. Nous travaillons sur des souris que nous rendons allergiques aux acariens. Nous leur avons inoculé l’un ou l’autre des peptides et, ensuite, nous leur avons administré des acariens directement dans les bronches. » Ce traitement provoque normalement une crise d’asthme chez le rongeur. Mais pour les souris qui ont reçu l’un des peptides : rien ! « Il semble que la molécule soit reconnue par les cellules régulatrices du système immunitaire, qui vont calmer la réaction allergique. » Cela pourrait donner naissance à un traitement préventif, chez des enfants testés positifs pour les allergies aux acariens, par exemple. Mais les essais cliniques sur l’homme ne débuteront pas avant quelques années. « La prochaine étape est de voir si ça fonctionne en curatif, et sur des animaux combinant plusieurs allergies. Et aussi d’identifier les éventuels effets secondaires ! » La piste semble en tout cas prometteuse.

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