Portraits

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Mathilde Maricourt
Historienne
Elle a présenté ses recherches lors du séminaire en archéologie biologique qui s'est tenu à l'université de Vannes, le 4 juin dernier.

"Je cherche à comprendre l'engouement des Pays-Bas pour le miel breton."

Mathilde Mariourt est en 3è année de thèse au Centre de recherches historiques de l'Ouest(1), à l'Université de Bretagne-Sud, à Lorient.

Je cherche à comprendre le commerce du miel de Bretagne au 18e siècle. À cette époque, la région produisait du miel de sarrasin, très sombre et très fort. Il était reconnu sous l’appellation miel de Bretagne. Il n’était pas très apprécié en France, sauf à Reims par les pains d’épiciers ! Par contre, les bateaux de la Compagnie des Indes en ramenaient beaucoup aux Pays-Bas. J’ai consulté des registres commerciaux : les Pays-Bas importaient deux à trois fois plus de miel de Bretagne que de miels produits ailleurs. Je cherche à comprendre cet engouement ! D’autant qu’à l’époque, les Pays-Bas cultivaient également du sarrasin. Je pense aller là-bas, voir si je trouve plus d’informations dans les archives locales.

Je m’intéresse aussi à l’organisation de ce commerce en Bretagne. J’ai travaillé sur des inventaires après décès. Ces listes établies par des notaires recensent tous les biens d’une personne à sa mort. J’ai pu constater qu’il y avait souvent au moins une ruche par village. Il y avait également des petits ruchers. Je cherche à comprendre par quels circuits cette production se retrouvait sur les marchés locaux et, surtout, comment de grandes quantités étaient rassemblées pour l’export. Je considère aussi les autres produits de la ruche. La cire de Bretagne était très réputée en France, par exemple. Très blanche, elle était utilisée pour fabriquer les cierges. Aujourd’hui, le miel de sarrasin est devenu rare. Et il est souvent coupé avec d’autres miels. Nous ne connaissons pas le goût du miel de Bretagne du 18e siècle.

(1) UMR 5268 CNRS, Université Rennes 2, Université d'Angers, Université Bretagne-Sud, Université du Maine.

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Propos recueillis par
Céline Duguey

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