Des cyclistes comptabilisés !

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octobre 2015
Smart Cities
Ce cycliste d'Heidelberg est le 2612è de la journée. La jauge annuelle de la ville pour cette piste approche les 200 000 deux-roues au mois de juin.
Éco-compteur

Une entreprise de Lannion accompagne la promotion des transports doux grâce à un affichage destiné au grand public.

La “smart attitude” d’une ville ne se traduit pas seulement par de l’ultraconnectivité et des nouveaux services sophistiqués. La relation avec les habitants-usagers-citoyens est aussi très importante et passe par de la communication. Seattle, San Francisco, Vancouver, Mexico... l’ont bien compris. Elles font partie des métropoles qui ont fait appel à une petite française : Éco-Compteur, basée à Lannion (Côtes-d’Armor). Pionnière dans le comptage sélectif des vélos en ville(1), l’entreprise lannionnaise propose, depuis 2012, d’associer chaque compteur à un système d’affichage, qui donne en temps réel le nombre de cyclistes qui passent sur la piste. Soixante-treize totems sont actuellement en service, sur le continent américain, mais aussi en Europe, en Allemagne, en Suède et en Norvège. En France, seuls deux afficheurs ont pour l’instant été installés à Nantes et Strasbourg.

200000 cyclistes de plus à VancouverAvant 2012, les données de comptage n’étaient utilisées qu’en interne par les services de la ville, pour leurs rapports, ou juste pour vérifier les effets d’une politique en faveur des transports doux. Puis le besoin de communiquer ces chiffres s’est fait sentir. Relier un système d’affichage à une cellule de comptage par un câble n’est pas en soi une grande innovation, mais le résultat est palpable. « Pour les cyclistes habitués, le comptage en temps réel est un outil de motivation, explique Séverine Bernard, directrice du marketing et de la communication. Ils voient qu’ils ne sont pas tout seuls ! Quant aux automobilistes, cela leur donne une idée du nombre de vélos qui circulent. Ils peuvent se rendre compte que ce n’est pas marginal. » Les adeptes de la voiture trouvent parfois injustifiée la suppression d’une voie de circulation au profit d’une piste cyclable et d’un trottoir plus large. Ce fut le cas sur un pont à Vancouver (Canada), se rappelle Séverine Bernard : « Le système de comptage avait été installé avant les travaux. 200000 cyclistes de plus ont été comptabilisés après, soit une augmentation de 24 % du trafic de deux-roues et, au final, une utilisation maximale du pont, justifiant la réallocation d’espace. »Partager et créer de l’enthousiasmeLes grandes villes ne sont pas les seules à s’équiper. Dans certaines, comme en Suède ou en Norvège, le flux journalier ne dépasse pas trois cents cyclistes. Les motivations sont différentes et dépendent largement des cultures de chaque pays. « Les Allemands ont la culture du chiffre et de la justification. Au Chili, c’est une nouvelle réglementation qui impose le comptage sur chaque nouvelle piste construite. Aux États-Unis, les totems sont installés pour partager et créer de l’enthousiasme, alors qu’en France, les collectivités ont encore du mal à sauter le pas... »Le nombre d’installations de totems est quand même en augmentation constante : une trentaine chaque année. En plus de l’affichage en direct, les habitants peuvent aussi retrouver l’historique des données, avec des modes de présentation différents par semaine ou selon les saisons... sur le site Internet ou le blog de la ville(2). Et ils peuvent partager ces informations sur leurs réseaux. Des croisements avec d’autres données (du secteur touristique, ou liés aux espaces naturels) sont possibles, car le logiciel d’Éco-Compteur est ouvert. L’entreprise propose déjà l’intégration des informations sur la météo pour avoir une analyse plus fine des variations du trafic. Les autres utilisations du comptage et de l’affichage restent à inventer !

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Nathalie Blanc

LE DOSSIER