À la recherche de la glace qui brûle

336
novembre 2015
Ifremer

Des chercheurs ont récupéré des hydrates de méthane en mer Noire pour étudier leur rôle dans la déformation des fonds marins.

Des scientifiques de l’Ifremer, spécialisés en géosciences marines, étaient au large de la Roumanie, à bord du Pourquoi Pas ?, pendant tout le mois de septembre, à la recherche de la “glace qui brûle”(1). « C’est du méthane issu de la décomposition de la matière organique présente dans les fonds sédimentaires et piégé dans des cages de glace », explique Nabil Sultan, chercheur en géotechnique. Ces hydrates de méthane se forment au sein des sédiments à des températures de l’ordre de 4 à 5 °C lorsque la pression est forte (à partir de 400 m de fond). « Nous suspections leur présence en mer Noire. Nous les avons détectés par méthodes sismique et acoustique avant d’en récupérer par carottage. » Les chercheurs de la campagne ont pour objectif de comprendre le rôle de ces hydrates de méthane sur la déstabilisation et la déformation des fonds marins. « On pense que dans un contexte de changements climatiques, l’augmentation de la température de l’eau de mer peut accélérer la décomposition des hydrates de méthane. D’une part, la fonte de cette glace crée des faiblesses dans le sol océanique et donc des glissements et, d’autre part, la libération du méthane dans l’eau et éventuellement dans l’atmosphère amplifie le changement climatique. » Un véritable cercle vicieux. Les données acquises en mer Noire permettront à l’Ifremer de mener des analyses quantitatives sur le sujet pendant les quatre prochaines années.

©
Renseignements encadré : 

Tabs

Renseignements

L'ACTUALITÉ