Elles étudient les pesticides en mer

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novembre 2015

Les premières recherches sur l’effet des pesticides sur le plancton ont démarré en 1993, en rade de Brest. Elles se poursuivent au laboratoire d’écotoxicologie de l’Ifremer, à Nantes. Aujourd’hui retraitées de l’institut Geneviève Arzul, spécialiste du phytoplancton, et Françoise Quiniou, spécialiste du zooplancton, ont coordonné le livre Plancton marin et pesticides : quels liens ? (éd. Quæ).Les premières études en écotoxicologie ont montré que les herbicides, comme l’atrazine, bloquent la croissance des microalgues. Les chercheuses ont ensuite étudié les pesticides dans les eaux côtières. Elles ont montré que l’effet des polluants “en formulation” (dans le produit commercialisé avec des adjuvants) est démultiplié, même à faible dose, comparé aux substances actives seules. Des espèces de phytoplancton sont favorisées, d’autres éliminées : la chaîne alimentaire est perturbée.À Nantes, l’écotoxicologue Sabine Stachowski-Haberkorn, coauteur du livre, prend en compte aujourd’hui la matière organique naturelle, dissoute dans l’eau de mer, qui interagit avec les molécules du milieu. Elle a participé cette année à une étude(1) sur l’effet des herbicides sur le phytoplancton, avec ou sans matière organique. Elle est plus optimiste que ses aînées. « C’est vrai qu’il y a toujours de nouvelles molécules, mais les concentrations de pesticides baissent. La législation a été améliorée et il y a une prise de conscience dans notre pays. » La chercheuse est l’une des rares en France à s’intéresser aux interactions avec ces contaminants chimiques.

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