Pour la première fois à Brest

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novembre 2015
Cécile Monard, Tudi Kernalegenn, Aurore Fraix, Gilles Vilmart, Michael Döhler et Bleuwenn Lechaux : les six lauréats de l'édition 2013 sont entourés par Jacques Lucas, président de l'Espace des sciences (à gauche), Philippe Lazar, parrain (au centre), et Bernard Pouliquen, vice-président du Conseil régional, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche (à droite).
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Pour sa 11e édition, la remise du Prix Bretagne jeune chercheur s’est tenue à l’Université de Bretagne Occidentale.

C’était au tour de Claude Berrou, professeur de Télécom Bretagne à Brest et membre de l’Académie des sciences, de présider le jury de cette 11e édition du Prix Bretagne jeune chercheur. « J’étais très honoré de remplir ce rôle et de remettre ces prix lors de la cérémonie qui se tient pour la première fois à Brest. Et j’ai été plutôt impressionné par la qualité et la diversité des dossiers présentés qui reflètent bien notre région : 80 % des champs disciplinaires sont en effet couverts en Bretagne. » Même si, au final, cinq des six candidats récompensés - sur les 66 dossiers reçus - ont fait leur thèse à Rennes. En revanche, la parité est entièrement respectée, même si ce ne fut pas une condition a priori.

17 brevets déposés à 33 ans !« La réunion du jury (lire composition ci-dessous) a été plus longue que d’habitude car, cette année, les catégories mélangeaient souvent sciences humaines et sciences dures, or les critères de sélection ne sont pas forcément les mêmes. Mais nous avons réussi à nous mettre d’accord ! » Avec quand même le coup de cœur de Claude Berrou pour le parcours déjà bien fourni de Quang-Khanh-Ngoc Duong, qui obtient une mention dans la catégorie Évolutions sociales et sociétales pour ses travaux sur le traitement du signal sonore. « Quang-Khanh-Ngoc a un profil académique et industriel, fait partie de comités scientifiques de multiples conférences, est actif dans plusieurs comités éditoriaux... et, à 33 ans, il a déjà déposé dix-sept brevets alors qu’à 64 ans, je n’en ai que douze à mon actif », plaisante l’académicien.Reconnaissance et aide financièreMaître de conférences à l’Université Rennes 2, Bleuwenn Lechaux ne dépose pas de brevets mais enchaîne publications et colloques. La jeune femme, qui avait reçu le prix dans la catégorie transports, innovations sociales, citoyennes et créatives en 2013, travaille toujours sur l’engagement politique et acquiert de plus en plus de responsabilités administratives et pédagogiques. « Le Prix Bretagne jeune chercheur est pour moi une vraie reconnaissance de mes travaux. Et la partie financière(1) m’a notamment aidée à séjourner à New York en début d’année pour continuer une de mes recherches. »Même écho pour Aurore Fraix qui est à l’université de Catane depuis quatre ans et qui revient régulièrement en France pour passer les concours d’enseignant-chercheur. « Depuis la Sicile, les déplacements ont un coût. » Titulaire du prix en santé et bien-être la même année, elle garde un très bon souvenir de la présentation de ses travaux de thèse devant le grand public : « C’est un exercice que j’aime beaucoup. Je trouve important de faire connaître la science, car des matières comme la chimie, la physique ou les mathématiques ne sont pas très médiatisées... » La chimiste qui travaille à la frontière avec la biologie n’a pour l’instant pas décroché le poste qui lui plairait tant. « Revenir dans le grand Ouest serait l’idéal pour moi. Mais les postes sont rares ; je sais que je n’aurai pas le choix. » Déjà partagé entre Rennes et Genève en 2013, Gilles Vilmart, prix mathématiques de la planète Terre, a fini par obtenir un poste permanent de “Senior Research Associate” à l’Université de Genève, mais continue à collaborer scientifiquement avec des chercheurs de la capitale bretonne.Revenir en Bretagne ?« Les jeunes quittent souvent la région après le bac ou après leur thèse... C’est un problème », reconnaît Claude Berrou. C’est le cas cette année : tout comme Aurore Fraix, trois lauréats sur six sont actuellement en poste à l’étranger. La Bretagne essaie de résister : en plus du Prix Bretagne jeune chercheur, la Région a mis en place un dispositif d’aide au retour des postdoctorants.

Une année sous le signe de la lumière

Organisé tous les deux ans par le Conseil régional de Bretagne, le Prix Bretagne jeune chercheur couvre tous les domaines scientifiques. Les catégories de prix d’adaptent à l’actualité internationale et c’est pourquoi on trouve cette année une thématique sur la Lumière(2).Les autres prix se répartissaient dans : Évolutions sociales et sociétales pour traiter des problématiques en philosophie, histoire, archéologie, économie, arts, divertissement, communication et sciences de l’éducation ; Amélioration de la santé et du bien-être des sociétés pour les projets relevant de la santé, santé communautaire, médecine et des sciences de l’information. Et enfin les Grands problèmes sociétaux pour couvrir les sujets sur l’énergie, la pollution, le transport, le développement durable, l’environnement, la mer, l’agriculture, l’eau, le climat et la valorisation des (bio)ressources. Lire le dossier de Sciences Ouest n° 332 - juin 2015. Le jury de la cuvée 2015Catégorie Lumière. Marc Brunel, physique, Institut de physique de Rennes. Jacques Lucas, chimie, Université de Rennes 1. Claude Labit, directeur de la technopole Rennes Atalante. Arnaud Devillez, délégué régional à la recherche et à la technologie. Jean-Marie Lion, mathématiques, Institut de recherche mathématiques de Rennes. Laurence Manchon, Conseil régional.Catégorie Grands problèmes sociétaux. Philippe Potin, biologie marine, Station biologique de Roscoff. Catherine Boyen, biologie marine, Station biologique de Roscoff. Yvan Lagadeuc, écologie aquatique, Observatoire des sciences de l’Univers de Rennes. Chantal Compère, physico-chimie, Ifremer, Brest. Thierry Goyet, Conseil régional.Catégorie Amélioration de la santé et du bien-être des sociétés. Bertrand Braunschweig, directeur du centre Inria Rennes-Bretagne Atlantique. Laurent Corcos, biologie, Université de Bretagne Occidentale(3), Brest. Georges Baffet, biologie médicale, Institut de recherche en santé, environnement et travail(4), Rennes. Jean-Louis Coatrieux, imagerie médicale, Université de Rennes 1. Ghislaine Lebrun, Conseil régional.Catégorie Évolutions sociales et sociétales. David Masclet, économie, Université de Rennes 1(5). Grégor Marchand, archéologie, Université de Rennes 1(6). Jean-Marc Poinsot, histoire, Université Rennes 2(7). Caroline Mével, Conseil régional.

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Nathalie Blanc

LE DOSSIER