Portraits

Romain Pasquier
42 ans
Directeur de recherche CNRS en sciences politiques
Lauréat du Prix Bretagne jeune chercheur en 2005, cet “ancien jeune chercheur” a été interviewé à Sciences Po à Rennes.

J’aimerais que les décideurs publics écoutent davantage les universitaires.

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

À l’origine, je voulais être journaliste. Sinon, les métiers du sport m’intéressaient aussi : je pratiquais le tennis, l’athlétisme...

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

La France possède l’organisation politique la plus fragmentée du monde, avec beaucoup de niveaux hiérarchiques. Je pense qu’il faut l’adapter aux contraintes du moment que sont le phénomène de mondialisation, le contexte européen changeant, mais aussi le souhait des citoyens de plus participer à l’action publique. Il est nécessaire de transformer notre organisation territoriale selon des modalités plus ascendantes. Des comparaisons avec d’autres pays me permettent d’envisager des scénarios d’évolution.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Oui, le hasard aide toujours, notamment celui des rencontres. C’est par exemple une série de rencontres formelles et informelles avec des élus, des fonctionnaires... qui m’ont convaincu de créer une chaire(1) pour créer un espace hybride où décideurs, citoyens et universitaires pourraient se côtoyer pour faire évoluer la gouvernance publique.

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Qu’avez-vous perdu ?

Beaucoup d’illusions sur le monde politique ! Quand on est chercheur en sciences politiques, on perd en utopie et on gagne malheureusement en cynisme...

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

La recette de la vie éternelle. La vie est belle d’être vécue et on vit d’autant plus intensément que l’on sait que cela se terminera un jour.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Que les décideurs publics écoutent davantage les universitaires. Car ils sont prisonniers des modes de pensée des grands corps d’État qui leur fournissent toujours les mêmes “prêt à penser”. Les innovations proposées par les chercheurs ne sont que rarement prises en pratique.

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Je suis quelqu’un de très cartésien ; je ne doute jamais et je ne crois que ce que je vois. Mais il existe des situations qui posent question. Quand, par exemple, le sort semble s’acharner sur un même individu ou groupes d’individus cumulant de ce fait problèmes de santé, difficultés sociales et économiques...

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