Dans le fond, on ne connaît pas l'océan

L’homme va dans les grands fonds marins pour pêcher, extraire des minéraux rares, trouver des nouvelles molécules, ou extraire du gaz et du pétrole. Bientôt, il y puisera des énergies renouvelables. Mais comment exploiter ces grands fonds, à plus de 200 m sous la surface, de manière durable ? L’an dernier, l’European Marine Board (EMB) a commandé un rapport(1) de stratégie scientifique à treize chercheurs.

Ces scientifiques de neufs pays, dont l’Angleterre, le Portugal, la Norvège et les Pays-Bas, spécialistes des ressources halieutiques, de biotechnologie, de microbiologie, ou encore de géologie ont réalisé une synthèse globale. Pour la France, l’EMB a fait appel à Pierre-Marie Sarradin, chimiste de l’Ifremer à Brest. « La connaissance du fonctionnement des écosytèmes profonds est insuffisante pour préparer des études d’impact, explique-t-il. C’est le point critique que nous avons souligné : il faut augmenter la connaissance. Si l’on exploite ces écosystèmes sans barrière, nous détruirons des organismes encore inconnus. »

Les experts demandent une augmentation des budgets, notamment dans le cadre du programme européen Horizon 2020 pour la recherche et l’innovation. « Dans les appels d’offres H2020, il y a plus de possibilités de faire financer des projets en partenariat avec l’industrie, pour développer l’exploitation, que d’appels d’offres pour augmenter notre connaissance des écosystèmes biologiques ! » Remis aux décideurs européens, le rapport prône un accès public aux données sur les grands fonds.

« En partageant les résultats scientifiques, nous aboutissons plus rapidement à des conclusions importantes. »

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mars 2016

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