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mars 2016
Chirurgie
Guillaume Dardenne est responsable du laboratoire de médecine augmentée, l'un des deux départements de b-com dédiés à la santé avec celui sur la médecine connectée.
Photo : DR

Issu du domaine de l’orthopédie, Guillaume Dardenne dirige un laboratoire de médecine augmentée pluridisciplinaire.

Responsable du laboratoire de médecine augmentée de l’IRT b-com (1) depuis 2013, Guillaume Dardenne n’est pas novice en la matière. Ce diplômé de l’École nationale d’ingénieurs de Brest s’est rapidement tourné vers le domaine médical. « Pour me rendre utile » précise-t-il. Lors de sa thèse sur la chirurgie orthopédique assistée par ordinateur, il est coencadré par Chafiaa Amitouche de Télécom Bretagne, et Éric Stindel, professeur d’orthopédie au CHU de Brest.

« Ce double encadrement académique et clinique m’a énormément apporté. Je suis allé plusieurs fois au bloc opératoire. » En 2009, Guillaume Dardenne ajoute une corde à son arc : il devient le dirigeant d’Ostesys, une start-up créée pour industrialiser une technologie de traitement de l’arthrose du genou développée au sein du Laboratoire de traitement de l’information médicale (LaTIM (2)). Durant cette période, il est confronté aux nombreuses normes inhérentes aux produits du domaine médical. Une expérience qu’il met aujourd’hui à profit, dans le cadre du premier projet du laboratoire de médecine augmentée, dont le but est de développer des algorithmes axés sur la vision par ordinateur pour traiter des images médicales issues de contextes différents : radiothérapie, cardiologie et urologie (organes mous), orthopédie (os), neurochirurgie... « Nous avons monté ce projet en impliquant toutes les disciplines du laboratoire pour inciter les gens à se rencontrer et à échanger leurs idées » explique Guillaume Dardenne. C’est la base du fonctionnement de l’IRT : le croisement de compétences acquises dans des structures variées. Des chercheurs des différents établissements académiques bretons côtoient ainsi des cliniciens des CHU de Brest et Rennes et des industriels issus de start-up ou de grands groupes. « Le but ultime de l’IRT étant d’accélérer le transfert de technologies », précise-t-il.

La réalité augmentée sous-exploitée

Au final, six à sept briques technologiques seront prêtes d’ici le mois de juin. « Il ne s’agit pas de produits finis à proprement parler, mais ces briques pourront être intégrées dans des logiciels plus globaux », poursuit-il. Un des logiciels concerne le suivi de la déformation d’organes mous, comme le foie durant une opération ; un autre l’analyse et la comparaison de gestes opératoires en neurochirurgie, qui pourra être utile à la formation des chirurgiens ; un troisième l’utilisation d’images prises grâce à une caméra de profondeur en orthopédie. « Ce genre de caméra fonctionne sur le principe de la Kinect, c’est-à-dire qu’on n’a plus besoin de marqueurs extérieurs pour se repérer… La réalité augmentée est encore sous-exploitée en chirurgie, souligne Guillaume Dardenne. Or, c’est un domaine où elle peut énormément apporter : pour voir ce qui est à l’intérieur du patient sans l’ouvrir. » La Bretagne semble bien équipée pour relever le défi.

Le but ultime de l’IRT [est] d’accélérer le transfert de technologies

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Nathalie Blanc

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