Portraits

Christophe Baley
57 ans

Enseignant-chercheur sur les matériaux composites à l’UBS(1)

Interviewé par téléphone par Nathalie Blanc depuis son laboratoire lorientais.

«Le chercheur doit être attentif à l’inattendu.»

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

Plusieurs choses ! Les bateaux m’ont toujours fait rêver. J’aurais aimé en construire, être architecte ou bien exercer dans le domaine des arts plastiques..., faire de la sculpture, par exemple. Or les bateaux, ce sont à la fois des matériaux et de belles structures. Au final, mon travail de chercheur en matériaux composites n’est pas si éloigné de tout ça.

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

J’ai trouvé des réponses à mes questions, c’est-à-dire comment utiliser des végétaux pour concevoir des matériaux composites innovants, dotés de grandes propriétés mécaniques et avec un impact réduit sur l’environnement.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Oui... et non ! Car observer, faire des corrélations, arriver à relier des idées, c’est un long travail... Mais c’est le cheminement du chercheur. Il doit être attentif à l’inattendu.

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Qu’avez-vous perdu ?

J’ai perdu l’illusion de croire que j’aurai le temps d’explorer toutes les pistes pour mes recherches. Car mes sujets sont pluridisciplinaires. Ils mêlent la chimie, la physique, la mécanique, la biologie, l’agriculture... J’envisage la recherche comme une exploration, un voyage où l’on doit aller à la rencontre de l’autre pour comprendre son langage et aussi se déplacer pour aller voir ailleurs, tout en conservant un fil directeur.

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Il vaudrait mieux ne pas trouver que l’on a mis en marche une machine à détruire, non seulement l’environnement, mais aussi la nature et donc l’équilibre de nombreux écosystèmes. Il vaudrait mieux trouver que cela est réversible ; que l’on peut faire autrement.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

J’aimerais inventer les structures et matériaux de demain en arrivant à reproduire l’organisation interne et l’architecture tellement particulières des plantes, à partir de matériaux naturels. En tenant compte de trois notions clés que sont les capacités à se redresser, à cicatriser et à s’adapter aux sollicitations du vent(2). Bref, j’aimerais réussir à faire vivre l’homme en harmonie avec la nature !

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Je ferai référence à la phrase de Socrate: « Je sais que je ne sais rien. » Qu’il n’existe pas de vérité scientifique. Notre travail c’est simplement de s’en approcher.

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Interviewé par
Nathalie Blanc

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