Une auto pour plusieurs

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avril 2017
Mobility tech green
Les applications d’autopartage au sein des entreprises permettent de choisir une voiture adaptée à son trajet : une électrique en ville et une essence pour les déplacements plus longs, par exemple.

Des entreprises rennaises se sont lancées dans la conception de logiciels pour faciliter le partage de voitures.

Sachant qu’une voiture n’est pas utilisée en moyenne 95 % du temps, il y a tout intérêt à la partager entre plusieurs conducteurs, pour rentabiliser son achat et son entretien, et diminuer le nombre de véhicules en circulation. L’entreprise rennaise Mobility Tech Green conçoit depuis 2009 des logiciels pour gérer l’autopartage au sein des entreprises et des collectivités. « Contrairement au partage de voitures entre particuliers, dont la principale motivation est économique, ce qui motive les salariés à utiliser l’autopartage est la facilité d’usage », explique Sylvain Fleury, chercheur du Loustic (1), à l’Université Rennes 2. Lui et ses collègues ont mené une étude en collaboration avec Mobility Tech Green. Publiée en février dernier, 259 personnes ayant accès à l’autopartage dans leur entreprise ont été interrogées sur l’image qu’elles en avaient. Si la plupart ont souligné la praticité de la solution, la réponse qui venait en deuxième position était une crainte de la complexité.

 

Utilisation simplifiée

L’éditeur de logiciels s’attache donc à améliorer l’ergonomie de son application mobile : « Sur l’ancienne version, il fallait dix interfaces pour réserver un véhicule, indique Alexandre Fournier, directeur marketing et communication chez Mobility Tech Green. Aujourd’hui, il ne faut plus passer que par deux écrans. Nous sommes passés de 10 % de réservations sur mobile, à 50 %. » La promesse de l’abandon de la voiture personnelle au profit de l’autopartage semble bien réelle : l’entreprise a réalisé une étude auprès des clients de Marguerite, le système d’autopartage mis en place par la ville de Nantes. La proportion de personnes non propriétaires de voitures était initialement de 33 %. Elle est montée à 68 % après l’abonnement au service d’autopartage. L’utilisation de la voiture personnelle sur le trajet domicile/travail est ainsi passée de 19 % à 2 %.

 

Passe à ton voisin

Pour ce qui est du partage entre particuliers, la start-up rennaise Carbip, créée au début de 2015, a développé une application permettant de partager sa voiture avec des amis. « L’idée est de mettre en relation des personnes qui ont des agendas compatibles pour le partage de véhicules, explique Éric Barault, cofondateur de Carbip et directeur technique, soit sur des horaires similaires pour la pratique du covoiturage, soit en opposition. Par exemple, quelqu’un qui irait à son travail à 9 h et une autre personne qui aurait besoin de la voiture pour un trajet au départ de ce lieu, plus tard dans la matinée. » La nouveauté est que les déplacements des utilisateurs sont géolocalisés, ce qui permet au logiciel de repérer automatiquement les trajets fréquents et les plages horaires où le véhicule est disponible. Mais l’assurance et le partage de frais est plus difficile à mettre en place que pour une flotte d’entreprise. La start-up recherche encore des partenaires pour développer son projet. Viendra-t-il à bout des réticences, observées dans d’autres expérimentations, à utiliser la voiture de quelqu’un d’autre (2) ? Carbip s’est pour l’instant recentrée sur le covoiturage et la mise à disposition de sa technique de géolocalisation, pour les livraisons et le transport public. Cependant, elle n’abandonne pas l’autopartage : « Notre volonté est l’utilisation optimale du véhicule, avec autant de covoiturage que d’autopartage », précise Éric Barault.

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Maryse Chabalier

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