Portraits

Nicolas Guillas
Nathalie Vérèque
44 ans

Ingénieur de police scientifique

Interviewée par Nicolas Guillas, au commissariat de police de Rennes (1).

«Nous travaillons à charge et à décharge : nous pouvons incriminer l’auteur d’une infraction, ou le discriminer.»

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été ingénieur de police ?

Après des études de biologie, je voulais m’orienter vers les métiers canins. J’ai finalement passé des concours pour devenir aide technique de laboratoire, pour la police. Par recrutement interne, je suis devenue ingénieur de police technique et scientifique.

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

J’ai trouvé du plaisir à identifier des auteurs d’infractions. Participer à la résolution d’enquêtes est une vraie satisfaction. On a l’impression d’être utile !

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Non. Je ne crois pas au hasard. Sur une scène d’infraction, nous travaillons toujours en binôme. Sans une symbiose entre l’enquêteur et le policier scientifique, nous passerions à côté de beaucoup de choses. L’enquêteur aiguille le policier scientifique, qui apporte sa vision grâce aux outils de la science. C’est de la réflexion et de la concordance d’informations. Ce n’est pas du hasard.

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Qu’avez-vous perdu ?

Ma foi ! Non. Mais la réponse pénale est parfois démotivante. Nous prouvons qu’un délinquant a fait un cambriolage, qu’il était sur les lieux, que ses mains étaient sur les objets. Nous identifions des auteurs en mettant tout en œuvre, parfois pendant des mois et des années, en multipliant les techniques, car elles ont évolué... Mais malgré tout, des auteurs peuvent rester impunis. C’est terrible pour les victimes.

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Il faut qu’on trouve. Pour chaque infraction, mineure ou majeure, nous sommes obligés de répondre à la demande d’identification de l’auteur. C’est une insatisfaction personnelle de revenir d’une scène d’infraction sans indice ni trace.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Tout nouveau procédé technique est pour nous une avancée. Il y a quelques années, nous ne parlions que de biologie et de traces papillaires (2). Aujourd’hui, nous utilisons une multitude de technologies, notamment informatiques. La police scientifique est une discipline qui ne peut être qu’évolutive.

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Nous travaillons à charge et à décharge : nous pouvons incriminer l’auteur d’une infraction, ou le discriminer. Nous travaillons en équité et en transparence. Mais notre rationalité n’est pas toujours en adéquation avec celle de la justice. Est-ce rationnel de relâcher quelqu’un qui a commis un acte ?

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Propos recueillis par
Nicolas Guillas

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