Les cerveaux de l’Europe !

352
mai 2017
L'Europe
Isabelle Merlet et Fabrice Wendling, du LTSI, encadrent Fernando Lopes da Silva et sa femme.
Université de Rennes 1

Un chercheur portugais d’Amsterdam honoré par l’Université de Rennes 1 pour ses travaux sur les signaux de l’épilepsie.

Ingénieur biomédical, chercheur en neurosciences et neurologue, Fernando Lopes da Silva est le spécialiste de l’analyse des signaux de l’épilepsie sur les électroencéphalogrammes et un Européen convaincu. D’origine portugaise, il a fait sa thèse à Londres et a réalisé sa carrière à l’Université d’Amsterdam, aux Pays-Bas, où il a notamment été pendant dix ans directeur scientifique de l’Institut de neurobiologie. Le 31 mars dernier, il a reçu les insignes de docteur honoris causa de l’Université de Rennes 1 (photo). Une distinction qui souligne l’excellence de ses relations avec le Laboratoire traitement du signal et de l’image (LTSI) (1), basé sur le campus de Beaulieu.

 

« Je l’ai abordé dans le bus à Lyon »

« Il a un esprit acéré » ; « C’est un puits de science. » Isabelle Merlet et Fabrice Wendling (2), deux chercheurs du LTSI qui le côtoient depuis plus de dix ans, ne tarissent pas d’éloges à son sujet. « J’ai fait sa connaissance au début des années 2000 alors que je travaillais sur un modèle des signaux électriques du cerveau qu’il avait développé dans les années 70, mais pas pour l’épilepsie, poursuit Fabrice Wendling. Je l’avais abordé dans un bus à Lyon, pendant un colloque... » Ils n’ont pas cessé de se fréquenter depuis. Leur collaboration est toujours active. Ils viennent même de publier ensemble.

 

Une nouvelle thérapie pour l’épilepsie

L’épilepsie est une maladie invalidante, car les crises sont aléatoires et empêchent de conduire ou d’exercer certains métiers. Il existe bien des traitements médicamenteux, mais ils ont des effets secondaires et 30 % des patients y sont résistants. Mais l’épilepsie est aussi une maladie pour laquelle on peut acquérir beaucoup de signaux électroencéphalographiques (EEG) en temps réel, avant et pendant les crises. C’est en enregistrant et en compilant ces signaux sur des modèles animaux et sur des patients que les chercheurs du LTSI ont acquis une bonne connaissance des dysfonctionnements du cerveau épileptique et réussi à modéliser la maladie. Ils proposent aujourd’hui un traitement basé sur des stimulations électriques au niveau des zones sensibles, c’est-à-dire là où les neurones épileptiques restent dépolarisés. Sachant que ces zones sont spécifiques à chaque patient et qu’il faut recommencer la recherche à chaque fois, l’enjeu, pour les chercheurs, consiste à affiner le diagnostic. Les résultats de ces travaux, réalisés en collaboration avec Fernando Lopes da Silva, ont été publiés en décembre 2016 et ont fait l’objet de deux chapitres de soixante-dix pages dans la dernière édition de l’ouvrage de référence sur l’EEG.

 

Les signaux de la conscience

« Fernando travaille dans ce milieu depuis de nombreuses années. Grâce à sa vision et à son analyse conceptuelle, il arrive à mettre en perspectives l’ensemble des connaissances sur le sujet. Il est vraiment à la pointe dans son domaine », conclut Fabrice Wendling. Ce dernier a par ailleurs développé d’autres affinités européennes pour travailler sur d’autres sujets. Avec Starlab, une start-up basée à Barcelone, il a récemment décroché un appel d’offres européen très compétitif (Future and Emerging Technologies) pour tenter d’identifier les signaux de la conscience !

En Europe et dans le reste du monde

Le titre de docteur honoris causa n’est pas spécifique à l’Europe. Créé en 1918, il est l’une des plus prestigieuses distinctions décernées par les universités françaises pour honorer “des personnalités de nationalité étrangère en raison de services éminents rendus aux sciences, aux lettres ou aux arts, à la France ou à l’université”.

Tabs

Nathalie Blanc

Ajouter un commentaire

LE DOSSIER