Ca grattouille ou ça chatouille

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octobre 2017
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Les démangeaisons en tout genre sont prises en charge de façon unique à l’hôpital de Brest.

Qui dit démangeaisons, dit Brest. Ces symptômes sont la spécialité du service de dermatologie de l’hôpital Morvan. C’est d’ailleurs le seul service hospitalier spécialisé sur le sujet en France. Il l’est devenu par la connaissance de médecins et chercheurs sur le prurit, le nom clinique donné aux démangeaisons, et par le fait que le service puisse s’adosser à un laboratoire expérimental, le Laboratoire interactions épithéliums neurones « Nous avons l’habitude de manier des traitements que les services de dermatologie d’autres établissements connaissent encore mal. Et nous sommes les seuls à disposer de certains traitements pour soigner le prurit », souligne le chef de service brestois Laurent Misery. Certains d’entre eux sont proposés aux patients au stade expérimental. Les patients qui consultent pour un prurit viennent de toute la France. Cela représente une centaine de consultations mensuelles dans le service de dermatologie.

Certaines démangeaisons ne sont pas associées à un problème cutané, mais sont en lien avec le foie, les reins, le psychisme.

10 % de la poputation

Pourquoi le prurit ? Parce qu’il touche 10 % de la population française, de façon chronique. Aussi, le comprendre est un enjeu fondamental. Aujourd’hui, médecins et chercheurs ne possèdent pas toutes les réponses. Il faut dire que le sujet n’est étudié que depuis une vingtaine d’années seulement en France. Aussi, les médecins disposent de peu de traitements et pas vraiment spécifiques au prurit, alors que pour les patients les symptômes peuvent se révéler particulièrement gênants.

Il s’agit donc pour les Brestois, médecins et chercheurs, d’identifier les facteurs qui améliorent ou aggravent le prurit pour comprendre les causes et développer des traitements.

Cinquante patients référents

Ces approches concernent les démangeaisons associées à un problème cutané comme l’eczéma, le psoriasis ou l’urticaire, mais aussi les démangeaisons dont la peau n’est pas à l’origine (prurit sine materia). Ces dernières se rattachent à d’autres problèmes de santé en lien avec le foie, les reins, un médicament ou au psychisme.

Pour mieux appréhender le prurit, notamment celui qui n’est pas relié à un problème cutané, la dermatologue Émilie Brenaut qui coordonne toute l’approche clinique, constitue une cohorte d’une cinquantaine de patients suivis pour des démangeaisons auprès desquels elle recueillera des informations sur la survenue de leurs symptômes : à quel moment de la journée les démangeaisons se manifestent-elles ? Quelle est leur intensité ? Quel est leur effet sur la qualité de vie (anxiété, dépression...) ? Des prélèvements biologiques seront également réalisés.

La musique et les démangeaisons

Par ailleurs, d’ici à l’hiver, une étude portant sur les effets de la musique sur le prurit débutera sur une trentaine de patients hospitalisés en dermatologie. « Il s’agit de morceaux particuliers d’une vingtaine de minutes, avec des séquences et des rythmes spécifiques, ayant montré un bénéfice dans de nombreux domaines, en particulier celui de la douleur », explique Émilie Brenaut.

Des molécules fournies par des industries pharmaceutiques et cosmétiques potentiellement efficaces dans le traitement du prurit sont également testées au sein du Laboratoire interactions épithéliums neurones, non pas sur des patients mais sur des cultures cellulaires. La gamme des approches déployées est large devant la portée des symptômes.

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Michèle Le Goff

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