Un dirigeant animé par la santé

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novembre 2017
L’écran de gauche est un respirateur paramétrable qui simule la ventilation des poumons d’un patient virtuel. Celui de droite montre les courbes d’activité cardiaque qui résulte directement de la respiration.
DR

Féru de simulation médicale depuis sa thèse, Sébastien Le Yaouanq dirige aujourd’hui une entreprise dans ce domaine.

Quand il a soutenu sa thèse en informatique en juin 2016, après un master 2 de recherche à l’Énib(1), Sébastien Le Yaouanq avait déjà un pied à l’hôpital. Non pas pour raisons mais pour passion de santé ! Aujourd’hui, il s’apprête à prendre la direction d’e-medys, la filiale santé de Cervval, qui valorise les travaux de recherche du Centre européen de réalité virtuelle (Cerv) depuis 2003.

"Nos premières réalisations concernaient la modélisation du comportement des anticoagulants dans le sang pour réaliser des dosages personnalisés."

De la houle aux anticoagulants

« Cervval était au départ une structure sans salariés créée pour le portage de brevets issus du Cerv, souligne Pierre-Antoine Béal, son directeur général. Aujourd’hui elle mène ses activités de R&D propres. Historiquement, nous avons commencé dans le domaine de la mer et de l’offshore, puis nous nous sommes tournés assez vite vers la santé. Nos premières réalisations concernaient la modélisation du comportement des anticoagulants dans le sang pour réaliser des dosages personnalisés. » Ces travaux sur la coagulation sanguine ont été menés avec Stago, basée en région parisienne et avec le Centre de simulation, Cesim santé, du Chru de Brest en médecine d’urgence, dans le cadre de la thèse de Sébastien Le Yaouanq.

Pour la formation des urgentistes

Depuis, c’est un ventilateur artificiel (appareil de réanimation) qui a été imaginé pour permettre aux étudiants et praticiens de la médecine d’urgence de se former sans mobiliser le matériel du service, ni utiliser un mannequin, qui coûte très cher. Toujours pour la formation, les équipes de Cervval ont développé le concept jusqu’au serious game : ils ont recréé l’environnement d’un patient en détresse respiratoire en 3D. Les apprenants peuvent poser des questions au patient, à sa famille, faire différentes mesures et prescriptions de soins. Une note leur est attribuée à la fin. « Nous avons configuré le système de telle façon qu’un apprenant ne tombera jamais sur le même scénario. Il y en a beaucoup. Il est aussi très facile d’intégrer un nouveau médicament et ses effets dans le modèle », précise Sébastien Le Yaouanq.

La suite du jeu, un autre serious game, est même déjà dans les tuyaux. Il s’agira cette fois de modéliser une intervention du Smur(2), en s’appuyant sur les deux outils déjà développés : le ventilateur artificiel et le premier jeu ! « On arrive à la limite des missions de Cervval qui, au départ, est vouée à réaliser des rapports d’études. Avec les serious games, on se met à commercialiser des produits finis, et non plus de la prestation intellectuelle, poursuit Pierre-Antoine Béal. D’où la volonté de créer e-medys(3). » Une opportunité tout à fait au goût de Sébastien Le Yaouanq qui trouve là l’occasion rêvée de se spécialiser dans son domaine de prédilection.

Le développement de la médecine 4P

Surtout qu’un autre événement vient encore confirmer les besoins dans ce secteur : l’appel à projets Digital for Life lancé par le pôle de compétitivité Images et Réseaux et le centre d’innovation technologique dédié à la santé, ID2Santé, pour promouvoir le développement de la médecine dite, 4P (pour préventive, prédictive, personnalisée et participative). En 2016, Cervval y avait soumis le projet Imago, soit la création d’une application numérique pour aider les malades atteints de diabète. Elle a pour but, d’une part, de recueillir les données médicales, de les transmettre au médecin (cela évite de rencontrer le médecin inutilement si les paramètres sont stables et permet au contraire, de déclencher un rendez-vous) et, d’autre part, d’aider le patient à mieux suivre (aide à l’autonomie et la responsabilisation) et vivre (dédramatiser) sa maladie. « Le projet avait trouvé un bon écho auprès des différents établissements sponsors en 2016(4). Pour l’édition 2017, c’est e-medys qui le représente et il a d’ores et déjà été présélectionné, avec les Chu de Brest et de Quimper. Le résultat tombera au mois de décembre prochain », explique Sébastien Le Yaouanq. Quoiqu’il arrive, l’application numérique Imago sera développée par e-medys et sortira courant 2018.

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Nathalie Blanc

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