Portraits

DR
Nathalie Bourgougnon
50 ans

Spécialiste en biologie marine végétale

Interviewée par téléphone par Nathalie Blanc.

« C’est la météo marine qui m’a donné la passion de la mer. »

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

Journaliste-reporter car j’ai toujours eu un intérêt pour la photographie. Mais petite, mes parents me réveillaient avec la radio à l’heure de la météo marine et cela m’a donné la passion de la mer. C’est comme cela que je suis arrivée à la biologie marine, puis aux algues. Mais je fais toujours de la photo !

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Une qualité de vie. Je trouve que j’ai une chance incroyable de faire ce métier et notamment de travailler en équipe avec des jeunes pleins d’entrain, qui ont envie d’apprendre et de comprendre les choses. Une des doctorantes que j’ai encadrée part s’installer au Sénégal pour y monter une ferme d’algues. Plus que les publications et les découvertes qu’elle a réalisées, je suis contente qu’elle continue à ouvrir la voie.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Disons que je ne crois pas beaucoup au hasard. Je pense que si on obtient quelque chose, c’est que l’on était ouvert à ce moment-là ; que l’on a su saisir l’opportunité, ou avoir le courage de se lancer. Il peut y avoir un peu de hasard, mais il y a surtout beaucoup d’ingrédients autour.

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Qu’avez-vous perdu ?

Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu grand-chose... Mais je pense qu’il n’est pas toujours facile pour une femme de mener en parallèle sa vie personnelle et professionnelle. C’est un combat de tous les jours mais tellement passionnant. Combat que je continue, en quelque sorte aujourd’hui, en tant que responsable de la mission égalité femmes/hommes et lutte contre les discriminations à l’Université Bretagne Sud.

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Je ne sais pas... Je ne me suis jamais posé cette question.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Avoir plus de temps - des journées de 48 h, par exemple, ou pouvoir se multiplier ! - mais sans pression. Pour pouvoir rêver, réfléchir...

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Les scientifiques sont globalement très rationnels et j’en fais partie. En tant qu’Auvergnate, j’ai les pieds bien plantés dans la terre ! Mais les échanges et les relations que nous avons avec d’autres personnes ou même avec la nature ne sont pas toujours palpables. Elles peuvent éveiller un sentiment, influencer une pensée…

Interviewé par
Nathalie Blanc

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