Des milliers de papillons de nuit

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janvier 2018
Moma Alpium
GMB

Coup de projecteur sur les papillons de nuit, plus variés et nombreux que leurs cousins diurnes.

La nuit tous les papillons ne sont pas gris. Ni marron. Au contraire, la diversité des couleurs est très grande. « Plus que celle des espèces diurnes, précise Mael Garrin, bénévole de Bretagne Vivante et salarié du Groupe d’étude des invertébrés armoricains (Gretia)(1). Certains nocturnes sont même très colorés, vert vif, roses, jaunes... » Mais, pour le constater, il faut les regarder de près. Or, ils se cachent et, qui plus est, la nuit, il fait noir ! Aussi, à moins d’être passionné ou simplement curieux, la plupart d’entre nous passons à côté. Pas Mael Garrin, qui sort les observer avec d’autres connaisseurs ou curieux.

Plus de 1500 espèces en Bretagne

Ils constatent qu’en plus d’être colorés, les papillons dits de nuit ont des formes et des tailles très variées. Ils mesurent de 3 mm à 14 cm d’envergure, « c’est-à-dire presque la taille d’une petite chauve-souris », compare Mael Garrin. Très différents les uns des autres et aussi bien plus nombreux que les papillons de jour puisqu’il existe vingt fois plus d’espèces de nocturnes que de diurnes. La Bretagne abriterait plus de 1500 espèces des premiers, selon les inventaires de prospection.

Précisons que l’appellation papillons de nuit repose sur l’observation : ce sont les papillons volant la nuit par opposition aux papillons actifs en journée. Cette dichotomie, usuelle, ne correspond pas tout à fait à celle de la classification des espèces, qui distingue les hétérocères des rhopalocères, en fonction de la forme de leurs antennes, plutôt que de leur comportement diurne ou nocturne. Ainsi, autant les rhopalocères ne volent que de jour, autant chez les hétérocères, on trouve des papillons qui volent la nuit, et d’autres le jour.

Quelques espèces rares

Des adhérents de Bretagne Vivante répertorient et localisent les espèces en préparation de l’édition d’un atlas des papillons de nuit de Bretagne, à l’image de celui consacré à ceux visibles le jour, publié en juillet dernier (lire encadré). C’est Mael Garrin qui coordonne ce projet. Le guide devrait sortir d’ici à 2022. Les observations de terrain demandent du temps.

La région affiche-t-elle des spécificités ? Pas spécialement. Bien sûr du fait de la situation géographique, de la géologie et du climat, certaines espèces ne viennent pas jusqu’à chez nous (celles qui ont besoin de chaleur, ou qui aiment l’altitude...). Il n’existe pas non plus d’espèces endémiques. En revanche, quelques espèces rares s’aventurent jusqu’à nous, comme la crocalle du genévrier (Crocallis dardoinaria, photo 4) ou la fidonie pointue (Compsoptera opacaria). Sortons donc jusqu’à elles !

Un atlas des papillons de jour

Bretagne Vivante a édité, en juillet 2017, un atlas des papillons de jour présents en Bretagne. Il recense 89 espèces, toutes en photos. Des cartes de répartition et des diagrammes de phénologie indiquent où et à quelle période trouver les chenilles ou les adultes sur le territoire. Les auteurs, membres de l’association, évoquent également les volets perspectives et protection.

Renseignements : 
Atlas des papillons diurnes de Bretagne, Bretagne Vivante et Éditions Locus Solus (juillet 2017), 324 p., 25 auteurs.

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Michèle Le Goff

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