Portraits

Isabelle Bihannic/UBO
Emma Michaud
39 ans
Chercheuse CNRS en écologie marine(1)
Interviewée par téléphone par Nathalie Blanc, malgré une coupure de réseau pendant toute une matinée.

« Se déplacer dans une vasière, ce n’est pas de tout repos ! »

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?
Après archéologue et vétérinaire, je voulais être professeur de sport. En terminale j’avais travaillé dur pour le concours de staps(2), mais l’année où j’ai postulé, le mode de sélection a changé et se faisait par ordre d’arrivée sur le Minitel... J’ai donc raté mon inscription et me suis dirigée vers la fac de biologie. Aujourd’hui, je ne regrette pas ce choix, car j’adore mon métier dans lequel je me retrouve pleinement. Je fais aussi du sport : se déplacer, transporter et installer du matériel expérimental dans une vasière, ce n’est pas de tout repos(3) ! Et puis les fouilles dans la vase m’apportent le côté archéologie.

2

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?
La patience, que j’ai acquise à travers ma vie de maman et qui me sert aussi maintenant dans mon travail. Car je n’étais pas du tout patiente avant.

3

Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?
Je dis souvent que le hasard fait bien les choses, mais en même temps, je pense qu’il n’y a pas de hasard : on le provoque. Avec du recul, je me dis que le Minitel a été en partie un bon hasard !

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Qu’avez-vous perdu ?
Je ne vois pas... Certainement quelque chose dans les vasières mais en même temps, on fait tellement attention... Ah si, peut-être une fois ! Nous réalisons des moulages des trous que font les crabes dans la vase pour les étudier ensuite au laboratoire. Nous coulons de la résine que nous laissons sécher et nous revenons chercher le moulage après. Sauf qu’une fois, on ne l’a jamais retrouvé...

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?
Toute nouvelle ressource exploitable près des mangroves et sur le littoral en général. Ces zones ont besoin de rester sauvages, car elles nous protègent de l’érosion et de la pollution.

6

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?
Je n’éprouve pas le besoin de changer ma vie, alors je ne m’étais jamais posé cette question. Je pense donc plutôt à quelque chose qui changerait la vie des êtres humains, comme une prise de conscience générale sur la nécessité de réduire notre consommation (moins de déchets, moins de produits chimiques), et d’accroître notre tolérance face aux différentes cultures et religions.

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?
Pas grand-chose. Pour moi 1 + 1 = 2. On travaille de façon rationnelle et même si on n’a pas toujours la réponse à une question, il existe forcément une explication.

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Interviewé par
Nathalie Blanc

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