Deux navires ont franchi le cap

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février 2018
L’hydrogène fait déjà avancer deux bateaux : le Jules Verne 2 (au premier plan) et l’Energy Observer.
Simon Broussard

À Saint-Malo et Nantes, deux navires à hydrogène ont largué les amarres. Deux symboles d’une ère nouvelle.

En septembre 2017, l’Energy Observer et le Jules Verne 2, les premiers bateaux à hydrogène, naviguaient ensemble sur la Loire, à Nantes. Une image forte, qui symbolise l’innovation en matière de transition énergétique. Le Jules Verne 2 est un “navibus”, un bus qui circule sur l’eau.

Il transportera bientôt 25 passagers sur l’Erdre, une rivière qui traverse Nantes. Le projet avait été lancé en 2011 par l’Ademe(1), avec la participation de la Région Pays de la Loire. « La navette fonctionne avec deux piles à combustible de 5 kW, explique Pierre-François Gérard, responsable du projet à la Semitan(2). Elle est approvisionnée en hydrogène, injecté depuis une future station dédiée, et stocké dans deux réservoirs à bord. Les piles sont reliées à des batteries électrochimiques. Ce bateau ne rejette pas de CO2, mais uniquement de l’eau ! »

La navette, qui circulera dans une zone protégée de l’Erdre, est silencieuse. Elle est surtout très novatrice : près de six années ont été nécessaires pour réaliser ce projet ambitieux et complexe, qui a même nécessité la mise en place d’une réglementation inexistante. « Des essais techniques et des qualifications sont encore nécessaires, poursuit Pierre-François Gérard. Le navibus à hydrogène devrait être en service commercial ce trimestre. »

Accélérer la transition énergétique

De l’autre côté de la Bretagne, à Saint-Malo, les explorateurs Victorien Erussard et Jérôme Delafosse se sont lancés dans l’aventure Energy Observer. Eux aussi, ils ont la volonté d’accélérer la transition énergétique et de faire évoluer les possibilités de l’hydrogène. Leur projet, parrainé par Nicolas Hulot et Florence Lambert(3), a mobilisé une trentaine d’acteurs, entreprises et institutionnels. Ce bateau du futur a des batteries au lithium et stocke l’hydrogène, qu’il produit lui-même à bord, à partir de l’électrolyse de l’eau de mer. Il fonctionne grâce à un mélange d’énergies renouvelables (solaire, éolien et hydrolien).

Le navire a embarqué des navigateurs, des ingénieurs et une équipe vidéo pour un tour du monde jusqu’en 2022. « C’est un laboratoire flottant, décrit Victorien Erussard, le capitaine de l’Energy Observer. Nous essayons d’intégrer des technologies, d’en remplacer d’autres et d’en tester de nouvelles. » À ses côtés, le malouin Jérôme Delafosse va réaliser des documentaires(4) pour permettre au grand public de suivre l’aventure. Le navire a quitté Saint-Malo, son port d’attache, en juin 2017. Il a déjà parcouru plus de 4000 milles. Après un tour de France en douze escales achevé à Monaco, l’Energy Observer fera le tour de la Méditerranée ce printemps. « Nous entamerons ensuite le tour du monde, avec des navigations de plus en plus longues, pour un bateau de plus en plus performant. » Bon vent !

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Marion Guillaumin

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