Portraits

Agnes Iatzoura/Mnhn
Nadia Améziane
56 ans

Chef de la Station de biologie marine de Concarneau

Cette biologiste, spécialiste des échinodermes(1), a été nommée chevalier de la Légion d’honneur en octobre 2017. Elle a été interviewée par Alice Vettoretti.

« Sans créativité, le monde va dans le mur. »

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

La question ne s’est pas posée : mes deux dadas étaient la paléontologie et la génétique ! Après mon doctorat, j’ai suivi une formation en communication et management et j’ai travaillé dans les ressources humaines, mais cela ne m’a pas plu.

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Un métier multifacette, en tant que responsable de la station marine. Depuis que je suis arrivée à Concarneau, je suis aussi médiatrice, commerciale, manager… J’ai découvert une grande diversité de tâches et de métiers dans la recherche !

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Pendant ma thèse, j’ai trouvé des bouts de squelette calcaire dans des échantillons à trier. Mes collègues ont refait des prélèvements pour obtenir un organisme plus complet et nous avons décrit un nouveau crinoïde, Gymnocrinus richeri, un animal des profondeurs. Depuis, des chercheurs ont découvert chez Gymnocrinus des molécules qui sont à l’origine du premier vaccin contre la dengue.

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Qu’avez-vous perdu ?

La liberté de chercher ! En devenant directrice, je passe moins de temps à faire de la recherche.

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Rien, mais à chaque trouvaille il faut garder le bon côté. Éduquons les gens à n’exploiter que ce côté ! C’est un peu utopique, mais c’est le travail d’organismes comme notre station de biologie d’y contribuer.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Je ne sais pas, je ne l’ai pas encore faite ! Elle concernerait probablement la santé, l’environnement ou l’effet de l’homme sur celui-ci.

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Les scientifiques sont rationnels, par essence ! Je ne doute pas de la rationalité, mais de la capacité de l’homme à savoir ce que c’est. Les sociétés avanceraient peut-être davantage si on étendait la rationalité à d’autres domaines que la science. Mais il n’en faut pas trop non plus, car cela empêche la créativité ! Et sans créativité, le monde va dans le mur.

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Interviewé par
Alice Vettoretti

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