Le cannabis modifie le cerveau

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mars 2018
Les fumeurs réguliers de cannabis peuvent avoir des troubles persistants de la concentration.
Fotolia/Yurakp

Une forte consommation de cannabis peut modifier le cerveau et perturber les apprentissages.

L’alcool est toxique pour les cellules nerveuses. Le cannabis, lui, modifie leur fonctionnement. Il est néfaste pour le cerveau, surtout à l’adolescence. « Le cannabis, qui n’est pas une drogue douce, inhibe des processus de la mémorisation, de l’attention et de la motivation », explique Manon Auffret, postdoctorante à l’Institut des neurosciences cliniques de Rennes. L’adolescent a un cerveau en plein développement. S’il consomme régulièrement du cannabis, son développement cérébral est perturbé : il sera moins concentré et rencontrera des difficultés pour apprendre.

« Des études ont montré l’effet du cannabis sur l’épaisseur d’une région du cerveau, le cortex, ainsi que sur le ratio matières grise et blanche. Une consommation chez un jeune de moins de 16 ans semble augmenter l’épaisseur corticale, alors qu’elle est censée diminuer. » Les conséquences sur le cerveau peuvent être d’autant plus graves que le cannabis d’aujourd’hui est plus fort qu’avant. Les plants actuels sont modifiés pour obtenir une très forte concentration en THC(1), qui est la molécule active.

Troubles de la concentration

Les troubles de la mémoire et de la concentration ont plus de risques de persister chez un consommateur régulier(2) que chez un fumeur occasionnel(3). « Les conséquences d’une consommation de cannabis sont très variables entre individus, poursuit Manon Auffret. Des personnes peuvent présenter une plus grande propension à développer une addiction. Il est aussi avéré que l’usage régulier de cannabis tend à augmenter le risque de schizophrénie et sa sévérité. » Les réactions dépendent du mode de consommation, de la dose, de la fréquence, de la durée d’exposition, de l’âge et de la sensibilité de l’individu.

Les effets du cannabis sont difficiles à étudier, car il est souvent associé à d’autres psychoactifs, comme l’alcool et le tabac. Ses formes et ses modes de consommation sont multiples. Ses dégâts aussi. D’après les chiffres publiés par l’OFDT(4), 7,4 % des jeunes de 17 ans en France présenteraient un risque élevé de consommation problématique. L’usage de cette substance illicite, la plus consommée au monde, « ne cesse d’augmenter chez les lycéens », note Manon Auffret.

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Marion Guillaumin

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