Un microbiote buccal peu connu

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décembre 2018
Tara
Julie Lallouët-Geffroy

Des bactéries de la bouche résistent aux médicaments.

« On en a parfois tendance à remplacer le brossage des dents par des bains de bouche, à base de chlorhexidine, c’est nul ! De nombreuses bactéries utiles sont détruites. » Professeure à la faculté dentaire de Rennes, Martine Bonnaure-Mallet n’en démord pas. Elle rappelle l’importance des bactéries, qui forment le microbiote buccal. « C’est un écosystème qui compte entre 170 et 200 espèces par individu », explique-t-elle. La spécialiste en odontologie(1) s’intéresse à leurs relations. Plus particulièrement à leur antibiorésistance, c’est-à-dire la résistance aux antibiotiques. À force d’ingérer des antibiotiques, nos bactéries s’y habituent, rendant le médicament inefficace.

Une bactérie antibiorésistante

Toutes les bactéries de notre corps, dont celles de notre bouche, sont concernées par ce phénomène. À la longue, elles deviennent résistantes. Elles transmettent cette aptitude à leurs voisines dans leur milieu de vie, la “matrice extracellulaire”. « Quand une bactérie antibiorésistante meurt, son ADN va dans la matrice et les autres bactéries le récupèrent. Les gènes codant l’antibiorésistance sont alors transmis », résume la chirurgienne.

Où sont les bactéries concernées et leur résistance est-elle réversible ? Nous avons peu de réponses aujourd’hui. Dans la bouche, les bactéries se fixent aux muqueuses, sur les joues, la langue ou les dents. Mais il existe une niche très appréciée : le creux entre la gencive et la dent. « Il n’y a pas d’oxygène dans cet espace. Les bactéries qui n’en ont pas besoin s’y multiplient. Nous pensons que les bactéries antibiorésistantes se nichent là. » D’où l’importance d’un brossage vertical pour balayer ce sillon ! Cette question d’hygiène buccale a été abordée lors d’un congrès, qui a réuni fin novembre à Paris près de 9000 dentistes français.

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Julie Lallouët-Geffroy

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