Nucléaire : une enquête sociologique

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janvier 2019
Didier Olivré

Avec les retraités de la base de l’Île-Longue.

Le sociologue Jorge Munoz (photo) réalise un suivi postprofessionnel des salariés du secteur nucléaire à l’Île Longue. Il s’intéresse aux conditions de travail, des années 70 à 90, dans la base sous-marine de la Marine nationale, en rade de Brest. L’enseignant-chercheur à l’UBO(1) enquête auprès des personnes qui assemblaient les têtes nucléaires des missiles, contenant les ogives(2).

La période étudiée va de l’ouverture du site en 1971 jusqu’à 1996. Les employés ne portaient pas de dosimètre, pour mesurer l’irradiation ambiante. Ce sera le cas après une alerte, à la suite d’un incident avec cet appareil. Des mesures de protection seront mises en place dans l’atelier d’assemblage. « À l’époque, les employés portaient uniquement un bleu de travail, et parfois des gants », explique Jorge Munoz. D’anciens salariés, dont certains sont atteints de cancer, s’interrogent aujourd’hui. À quel risque ont-ils été exposés ? Existe-t-il un lien avec leur maladie ?

Juristes et médecins

Jorge Munoz étudie cette question avec des sociologues, des juristes et des médecins. Pour l’heure, il recense les personnes concernées, dont une quarantaine ont été interrogées. Les résultats de l’étude, labellisée par la Maison des sciences de l’Homme en Bretagne, seront présentés en mars. Elle pourrait se poursuivre par une approche épidémiologique.

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