Les épaves révèlent notre histoire

Une prospection au large de Saint-Briac, en octobre 2018, à la recherche d’un navire du 17e siècle, le Victor.Jacques Le Lay

L’Adramar mène des fouilles archéologiques sous-marines.

Explorer les fonds et parler d’archéologie sous-marine au public. Ce sont les deux missions de l’Adramar(1) depuis 25 ans. Cette association de plongeurs professionnels est basée à Saint-Malo. À bord du navire Hermine-Bretagne de 18 m de long, l’équipe part régulièrement en mission pendant trois semaines. Au programme : prospection, fouilles de sites immergés et expertise archéologique.

Les outils de détection sont manœuvrés par des techniciens en géophysique. Chaque campagne embarque des plongeurs archéologues. Mais d’autres professionnels participent à l’aventure. Des archivistes recherchent au préalable la trace d’éventuels naufrages. Les dendrochronologues datent le bois des épaves. Les céramologues et les numismates sont, quant à eux, spécialisés dans l’étude des céramiques et des monnaies. Quand il est ressorti de l’eau, le mobilier est dessiné et photographié par d’autres professionnels. Lors des journées de valorisation, l’Adramar fait connaître au public cette multitude de spécialités.

Des frégates corsaires

Sa plus belle découverte ? L’épave de la Natière au large de l’île de Cézembre, en baie de Saint-Malo. « Il a fallu dix ans pour fouiller deux frégates corsaires du 18e siècle, relativement bien conservées, explique Yann Gaonac’h, historien et chargé de mission à l’Adramar. Nous y avons découvert 3000 objets qui nous renseignent sur cette époque. Chaussures de marins, épées d’abordage, poulies, mobilier... Cette trouvaille est aujourd’hui

une référence internationale. » La collection restaurée sera à découvrir au futur musée d’Histoire maritime de Saint-Malo, dont l’ouverture est programmée pour 2022.

(1) Association pour le développement de la recherche en archéologie maritime.

Renseignement(s)

Charlotte Georgeault
tél. 02 99 40 85 66
www.adramar.fr

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