Une épave inattendue

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février 2019
L'épave remonterait au 15e ou 16e siècle.
Frédéric Osada / Drassm 2018

Découverte en rade de Brest.

Ils(1) cherchaient la Cordelière, ils ont découvert une autre épave. En juin 2018, archéologues, géomaticiens, géophysiciens, géomorphologues, roboticiens et historiens ont mené une campagne de recherche sous-marine au large de Brest, en quête de l’épave de la Marie Cordelière et du Regent. Le navire amiral de la flotte d’Anne de Bretagne a mené bataille contre le Regent, qui conduisait l’escadre du roi d’Angleterre Henri VIII. Les deux embarcations, parmi les plus puissantes de l’époque, coulent ensemble en 1512, emportant 2000 hommes.

Fin du Moyen Âge

C’est une autre épave que les archéologues ont découverte, baptisée Sud-Minou 1, en référence à la pointe du Petit Minou, près de Brest. Trois indices confirment qu’il ne s’agit pas de l’épave tant recherchée, mais d’un autre navire. Son architecture remonte au 15e ou 16e siècle.

« Malgré l’oxydation, s’il y avait eu une artillerie, nous aurions dû trouver des traces, de bronze et de fer par exemple », explique Michel L’Hour, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines du ministère de la Culture (Drassm). Des tessons de céramique ont été tirés des profondeurs. « Nous ne savons pas de quel objet il s’agit. Personne ne sait l’identifier. Mais il date de la fin du Moyen Âge, entre le 14e et le 16e siècle. » Des spécialistes notamment britanniques et espagnols sont sollicités pour élargir les recherches.

De nombreux mystères sont à lever. S’agit-il d’un navire de commerce ? Dans ce cas, il devait transporter des marchandises. « Nous n’avons pas trouvé de ballast, ni de trace de la cargaison, peut-être transportait-il du sel, ou du blé », estime Michel L’Hour. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

Après une campagne de recherche en juin 2018, l’André Malraux poursuivra l’exploration de la rade de Brest cette année. Drassm

Un combat en 1545

L’ensemble des indices pointent vers l’Angleterre. « L’architecture de l’épave est proche de celle du Mary Rose », explique Michel L’Hour. Le Mary Rose est un navire britannique qui a mené son dernier combat en 1545. Retrouvé en 1971, il est exposé à Portsmouth.

La Cordelière, repérée en 1975, est toujours sous les eaux. Plusieurs campagnes ont tenté de la retrouver. Sans succès. « Les courants marins et le déplacement des bancs de sable, de quatre à sept mètres d’épaisseur, la recouvrent puis la découvrent. C’est une difficulté majeure. Elle s’ajoute aux difficultés de la plongée dans ces profondeurs. Nous devons utiliser des robots pour y parvenir. » Une nouvelle campagne est prévue cette année. Pour poursuivre l’exploration de l’épave Sud-Minou 1 et retrouver le navire amiral d’Anne de Bretagne.

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Julie Lallouët-Geffroy

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