Algolife : des molécules marines pour les animaux

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mars 2019
L'innovation naît en mer
Catherine L'Hostis

« Nous avons trouvé des activités biologiques intéressantes. Certaines molécules provenant des macroalgues ont le pouvoir de modifier le système immunitaire ou d’agir comme antioxydants, entre autres », explique Robert Larocque, l’un des responsables du projet Algolife(1).

L’objectif de l’équipe(2) qui travaille depuis bientôt cinq ans à la Station biologique de Roscoff était de cribler de nouvelles molécules d’origine marine, générées par des enzymes offrant des activités biologiques, et de les transférer vers le monde industriel, dans les domaines de la nutrition et de la santé, chez l’animal et l’Homme.

« Nous cherchons des enzymes de bactéries qui se nourrissent d’algues. À nous ensuite de les caractériser et de déterminer si leurs produits de dégradation ont les activités biologiques recherchées. Par exemple, les alginates, les agars, les carraghénanes, polysaccharides (sucres) majeurs de macroalgues, sont déjà utilisés comme agents texturants dans la nourriture. » La question à laquelle veut répondre l’équipe de recherche est de savoir si de nouvelles molécules à valeur ajoutée plus forte peuvent être générées par l’utilisation d’enzymes. Une fois ces nouvelles activités démontrées sur des modèles animaux, il s’agit de doser ces molécules, d’améliorer les procédés afin de bien déterminer les coûts de production.

Avec trois industriels

Motivés par la curiosité, le biologiste et son équipe se sont appliqués à purifier des enzymes (des protéines qui agissent comme catalyseurs dans des réactions chimiques) pour couper la chaîne des polysaccharides marins, afin de libérer des molécules plus petites pour en tester les activités. Tout cela à des fins industrielles. Trois firmes bretonnes étaient associées au projet : Olmix et Diana Pet Food dans le Morbihan et Triballat en Ille-et-Vilaine. Chacune utilisait des ressources biologiques différentes pour des marchés potentiels divers : Olmix offre des produits pour les animaux d’élevage, Diana Pet Food pour les animaux de compagnie tandis que Triballat œuvre plutôt dans l’alimentation humaine.

« Malheureusement, malgré des résultats prometteurs pour les biomolécules criblées par Triballat, le modèle économique plus risqué de l’alimentation humaine ne lui a pas permis de poursuivre le projet : il aurait demandé trop d’investissements. » Triballat s’est retiré du projet en 2018. Le projet s’achève en août.

« Nous manquons de temps pour aller plus loin. Mais ce que nous visions reste valable. » L’étude se poursuit donc, en parallèle d’un nouveau programme de recherche sur les fucanes, Breaking Alg (2018-2022).

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Catherine L’Hostis

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