Âgisme : une enquête

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N° 371 - Publié le 2 avril 2019
Alexbrylovhk / Adobe stock
“Vieux” n’est pas synonyme de dépendance.

Les étudiants ont des clichés sur les seniors.

Maladie, dépendance, lenteur... Demandez à un étudiant en médecine de citer des mots évoquant les personnes âgées. Ceux-ci auront souvent une connotation négative. Ces mots sont des marqueurs de stéréotypes liés à l’âge. On parle d’“âgisme”. « Les personnes âgées que rencontrent les étudiants en médecine sont majoritairement malades », explique Aline Corvol, médecin responsable du Centre mémoire de ressources et de recherche, à l’hôpital(1) de Rennes. Depuis 2015, elle regarde(2) si ces relations avec les patients accroissent les stéréotypes liés à l’âge, chez les étudiants en médecine.

Avec 1500 étudiants

En 2016 et 2017, près de 1500 étudiants de Rennes, Brest et Liège ont participé à plusieurs types de tests pour cette recherche. L’un d’eux est fondé sur le vocabulaire. En référence aux jeunes, les étudiants interrogés citent en majorité “sport, dynamique, études”, tandis que les mots “maladie, dépendance”, mais aussi “sagesse” sont associés aux personnes âgées.
Les résultats de ces tests sont toutefois biaisés. Même anonymement, chacun a tendance à répondre ce qui est admis socialement comme la “bonne” réponse. Pour résoudre ce problème, Aline Corvol a adapté un nouveau test(3), mis à disposition par des universitaires américains.

Dans la famille

Parmi les étudiants, indépendamment de leur niveau d’études, la tendance à l’âgisme est plus forte chez les hommes et chez les plus jeunes, « À l’opposé, les personnes qui ont des contacts de bonne qualité avec des personnes âgées, par exemple dans la famille, ont moins de stéréotypes. »
Les personnes âgées sont aussi concernées par ces réactions. L’exposition aux stéréotypes sur la vieillesse pourrait altérer leur comportement. Pour le savoir, les psychologues du Centre mémoire du CHU lancent une nouvelle étude. Aline Corvol aborde ces sujets en cours de médecine. « Prendre conscience de ses propres stéréotypes, c’est déjà un début. »

Alice Vettoretti

(1) Au CHU (Centre hospitalier universitaire).
(2) Dans le cadre du projet V-Stem labellisé par la Maison des sciences de l’Homme en Bretagne.
(3) Pour en savoir plus : implicit.harvard. edu/implicit/france.

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