La biodiversité marine à la loupe

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avril 2019
A. Le Gal - MNHN Concarneau

Depuis 15 ans, le Rebent étudie la vie des fonds.

Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika brisé par la tempête libère 30000 tonnes de fioul. Une marée noire souille plus de 400 km de côtes, du Finistère à la Vendée. À l’époque, il n’existe pas d’état des lieux à grande échelle de la faune et la flore benthique, ces organismes vivant près du fond marin. « Les scientifiques ne pouvaient pas évaluer le préjudice subi. Ce fut une grande frustration », explique Sandrine Derrien, biologiste à la Station marine de Concarneau(1).

En 2004, une vingtaine de chercheurs de Brest, Roscoff et Concarneau, lancent un suivi pour toute la Bretagne et créé le Rebent (pour “Réseau benthique”). À marée basse, les animaux, les grandes algues et les herbiers de zostères(2) sont identifiés et comptés. Sous l’eau, les zones sableuses et les bancs de maërl(3) sont échantillonnés deux fois par an depuis un bateau. Des plongées permettent d’étudier les fonds rocheux.

Certaines espèces remontent vers le Nord

Extension ou réduction de la couverture algale, variation du nombre d’espèces... La diversité est élevée sur le littoral. Sur les sites examinés en plongée par Sandrine Derrien, les espèces d’eaux froides ont tendance à remonter vers le Nord.
« Nous visitons chaque site tous les trois ans, où nous prenons cinq mesures. C’est encore trop peu pour confirmer nos résultats », souligne la biologiste qui coordonne le réseau depuis 2014. Ces données permettent d’évaluer l’effet des engins de pêche, des fermes aquacoles ou des équipements d’énergies marines. Le public est invité à découvrir le Rebent et ses quinze années d’observations lors des 160 ans de la Station marine de Concarneau.

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Renseignements
Alice Vettoretti

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