Agir après la lésion cérébrale

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avril 2019
Aux petits soins
Une jeune patiente joue au football brésilien. Elle travaille la saisie d’un objet, paume vers le sol. Cet exercice l’entraîne à saisir le guidon de sa trottinette. Sylvain Brochard (à gauche) et Mathieu Lempereur enregistrent l’activité musculaire des enfants souffrant de paralysie cérébrale.
Rodolphe Bailly

À la naissance, des lésions cérébrales génèrent un handicap moteur. La rééducation intensive fait ses preuves.

Le bras bouge moins bien, le pied se lève anormalement... Des troubles du mouvement sont la conséquence de lésions dans le cerveau du bébé. On parle de paralysie cérébrale. La prématurité ou un accouchement difficile, privant le cerveau d’oxygène, peuvent en être la cause. Un AVC(1) de l’enfant pendant la grossesse ou à la naissance peut également en être responsable.

Un enfant sur 450

Cette paralysie peut être facilement détectée dès quatre mois et concerne un enfant sur 450. « Ces lésions dans les aires motrices du cerveau sont irréversibles, explique Sylvain Brochard, médecin et chercheur à Brest. Nous ne pouvons pas guérir l’enfant, mais nous sommes capables d’améliorer sa motricité. »

Pour une rééducation adaptée, il faut comprendre chaque mouvement et ce qui se passe dans le cerveau. C’est la mission de l’équipe de recherche de Sylvain Brochard. Muni de capteurs, l’enfant se déplace dans une salle technique. « Nous enregistrons son activité musculaire et les mouvements de son squelette, indique Mathieu Lempereur, ingénieur de recherche. Nous pouvons détecter un muscle qui ne s’active pas au bon moment ou qui se contracte de manière anormale. » Près de 800 enfants de tout âge sont suivis régulièrement dans ce laboratoire du mouvement à Brest(2). « Nous développons des outils d’intelligence artificielle, poursuit Sylvain Brochard. Ils permettront de diagnostiquer ce qui se passe dans le cerveau, à partir de ce que l’on observe. »

Faire du vélo seul

En Bretagne et Loire-Atlantique, un réseau de surveillance réunit pédiatres, kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens. Ils proposent des exercices ludiques, en fonction du handicap. Le but est d’accompagner les enfants dans leur quotidien pour qu’ils deviennent le plus autonomes possible.

« Nous fixons des objectifs en fonction des capacités motrices de l’enfant, comme faire du vélo ou nouer ses lacets tout seul. » Les jeunes bénéficient soit d’un suivi en continu, soit d’une rééducation intensive(3). La fondation Ildys(4) et le CHRU de Brest sont spécialistes français de cette seconde approche, qui a fait ses preuves chez les 6-12 ans. Cette année, l’équipe démarre une étude européenne(5) pour tester l’effet de la thérapie intensive chez les tout-petits, de 1 à 4 ans. « Nous allons pouvoir démontrer si une rééducation intensive et précoce peut davantage améliorer la motricité. » À suivre.

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Marion Guillaumin

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