Climat : les élèves en action

Claire Guérou

Dans la région de Dinan, les élèves ont rencontré des chercheurs. Ils prennent des mesures.

«Ouah, ça sature ! » Les lycéens collent leur capteur de CO2 au pot d’échappement de la vieille voiture de leur professeure de SVT1. Le tuyau rejette tellement de gaz que l’écran n’affiche plus rien ! Cet après-midi, au lycée La Fontaine des Eaux à Dinan, les élèves de Sandrine Lhullier suivaient le séminaire "Faites du climat !" Organisé du 3 au 7 juin par Nolwenn Guillou, la directrice de l’école. Le Blé en herbe à Trébédan, il a réuni plus de 500 élèves et vingt climatologues, éco-aventuriers et membres d’associations pour le climat.

À Dinan et alentour, cinq écoles primaires, un collège et deux lycées ont participé. Mais pas seulement ! « Des animations et des conférences ont eu lieu de la maternelle jusqu’au lycée, indique Nolwenn Guillou. Ainsi que des soirées thématiques ouvertes à tous avec des ateliers et des débats. »

Jean Jouzel

Parmi les intervenants, Jean Jouzel a répondu en visioconférence aux questions de lycéens. L’association "Avenir climatique" est invitée dans l’établissement pour des ateliers-débats sur les enjeux liés à l’énergie. Le jour de notre venue, le climatologue CNRS Marc Delmotte2 animait quatre conférences pour les élèves de seconde.

Dans la salle, devant les élèves assis sur six rangées de chaises, l’ingénieur de recherche présente des sondes à CO2. Les élèves mesurent ensuite le dioxyde de carbone dans la classe, le couloir et dehors, à l’air libre. Résultat : la concentration en gaz carbonique est plus élevée à l’intérieur ! « Dans la salle, l’air est confiné et le CO2 se concentre, explique le scientifique. Dehors, il se mélange à l’air ambiant. » L’ingénieur présente les phénomènes du climat et de l’effet de serre. « Si vous allez vous coucher sans couverture, comment vous sentez-vous ? » « J’ai froid », répond une élève. « En effet, quand tu es sur ton lit sans rien, ton corps sert de radiateur à la chambre, reprend Marc Delmotte. Avec une couette, la chaleur que tu émets est bloquée et réfléchie vers toi. La Terre, c’est la même chose. Sans effet de serre, il ferait -18° C. Mais avec deux ou trois couettes, que se passe-t-il ? » « Il fait trop chaud ! », s’exclament plusieurs adolescents. Le chercheur conclut : « Voilà pourquoi nous surveillons les gaz à  effet de serre, pour suivre l’évolution de leurs concentrations et celle de la température. Et pour comprendre comment le climat évolue. »

« Notre génération doit s’en occuper »

Tabatha, l’une des élèves, réagit : « C’était vraiment intéressant. En SVT, nous parlons de la pollution, mais pas des gaz à effet de serre. Or notre génération va devoir s’en occuper. » Donner envie d’agir est l’un des objectifs du séminaire. « Les CM1 et CM2 veulent maintenant créer une association autour des enjeux du climat et du développement durable, poursuit Nolwenn Guillou. Les CP, CE1 et CE2 ont décidé de s’occuper de la cantine et du gaspillage alimentaire. » L’enseignante imagine une deuxième édition du séminaire, avec une vingtaine d’établissements. Quant à la voiture polluante, elle retourne au garage.

(1). Sciences de la vie et de la Terre.
(2). Au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, à l’Institut Pierre Simon Laplace à Paris-Saclay.

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