À Dinard, le Muséum et l'Ifremer étudient la biologie marine

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N° 376 - Publié le 7 novembre 2019
Nicolas Guillas
Les élus et les scientifiques rassemblés devant l'Émeraude explorer, le nouveau navire du muséum à Dinard.

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Le Cresco a fêté son dixième anniversaire. Ses scientifiques, qui observent la biodiversité côtière, voient aujourd’hui plus loin.

« La bande côtière est très importante pour la respiration de l'océan. L'essentiel de la biodiversité tient dans ce cordon, extrêmement fragile, pour lequel nous avons besoin de toutes les attentions et de toutes les connaissances ! Les recherches menées ici sont donc essentielles, à un moment où l’on regarde l'océan avec un peu trop de convoitise. » L’ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot était invité, le 11 septembre, à l’anniversaire du Centre de recherche et d’enseignement sur les systèmes côtiers (Cresco), à Dinard. Il a salué l’importance du centre et les « scientifiques, toujours d’un profond humanisme ».

Grands dauphins, algues rouges

Depuis dix ans, le Cresco réunit des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Ifremer. Une quarantaine d’experts observent la vie marine, qui évolue sous les effets du changement global. Le directeur du Cresco, Éric Feunteun1, a rappelé « la biodiversité extraordinaire de ce territoire, un “meritoire” d’exception, de la baie de Saint-Brieuc à celle du Mont-Saint-Michel, avec les grands dauphins, les oiseaux nicheurs du Cap Fréhel » ainsi que « ces champs d’algues rouges, l’un des derniers espaces sauvages de la planète. » Il a souligné aussi la fragilité d’un territoire « qui subit une pression démographique très forte, avec 17 % d'habitants en plus dans 30 ans. » Enjeux des énergies renouvelables, de la pêche durable, de l'hydroélectricité, notamment du barrage de la Rance qui modifie la migration des poissons… Les études scientifiques servent de nombreux domaines.

Les apports du Cresco sont « un appui aux politiques publiques », a précisé la directrice adjointe Claire Rollet2. L’écologue a souligné les atouts du centre, ses moyens nautiques pour les expériences en mer, ses laboratoires, par exemple pour l’analyse du plancton, ses multiples collaborations, notamment avec les universités de Rennes et Brest, et les stations biologiques de Roscoff et Concarneau.

« Cette réunion avec l’Ifremer fonctionne si bien que nous nous rapprochons des équipes voisines de l’École pratique des hautes études, a poursuivi Bruno David, le président du Muséum. Leur thématique de recherche à Dinard, la géomorphologie3, est complémentaire aux nôtres. » Bruno David veut établir un partenariat avec l’EPHE et agrandir le Cresco, dont il a souligné la réputation internationale. François Houllier, le président directeur général de l'Ifremer, va dans le même sens et a rappelé que « l'océan est au cœur d'enjeux considérables, le premier étant la connaissance du plus grand écosystème de la planète . »

Vulgarisation scientifique

Les élus des collectivités, de Dinard à la Région, ont marqué leur attachement et leur soutien au centre. Vincent Lagoguey, le sous-préfet de Saint-Malo, a ajouté que « le rapprochement avec l'EPHE sera très pertinent sur le plan scientifique, et important pour la diffusion des connaissances. » Évoquant des conférences grand public, le représentant de l’État a estimé que ce Cresco agrandi devrait avoir une « capacité de vulgarisation scientifique très intéressante. »

Nicolas Guillas

1. Le biologiste Éric Feunteun est professeur au MNHN.
2. La biologiste Claire Rollet est cheffe de la station Ifremer de Dinard. Lire son portrait dans Sciences Ouest n°363, juin 2018.
3. La géomorphologie est l’étude des reliefs, notamment l’érosion des côtes. Les scientifiques du centre de l’EPHE à Dinard, situé à 2,5 km du Cresco, sont spécialisés en “géoécologie littorale”.

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