Le sport combat le diabète et le cancer

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novembre 2019
Grâce au virtuel et pour notre santé
Les biologistes Amélie Rebillard et Frédéric Derbré ont étudié l'effet combiné du sport et de la radiothérapie.
MORGANE GUILLET

Des biologistes ont montré que l’activité physique est bénéfique contre le diabète et le cancer de la prostate.

«L’objectif final de nos recherches est d’améliorer la prise en charge des patients. »  Amélie Rebillard et Frédéric Derbré sont biologistes au laboratoire M2S1 à Bruz, près de Rennes. Ils étudient les liens entre santé et activité physique2, notamment pour prévenir plusieurs maladies.

    Que se passe-t-il quand on bouge moins ?  En jouant du matin au soir, les enfants dépensent beaucoup d’énergie. Mais souvent à l’adolescence, les activités physiques se réduisent. Frédéric Derbré étudie les conséquences de cette baisse d’activité… chez les souris. De jeunes rongeurs sont placés dans une cage avec une roue. Ils courent naturel-lement, jusqu’à 8 km par jour ! Quand les souris sont adultes, la roue est bloquée, elles ne peuvent plus se dépenser. « Nous étudions les changements dans leur métabolisme3. Dès les premiers jours sans courir, les souris développent une résistance à une hormone, appelée l’insuline. C’est le premier pas vers un diabète4 », explique le biologiste.

À quoi sert l’insuline ? Cette hormone régule le taux de glucose dans le sang. Sans activité physique, le glucose augmente, car les muscles n’en consomment plus. L’hormone indique alors aux organes de stocker le trop-plein de sucre… Problème : trop stimulés, les organes se désensibilisent. Les biologistes ont observé que ce processus est réversible. Tout rentre dans l’ordre quand la souris court à nouveau, une fois la roue débloquée. « Nous avons montré que l’insulinorésistance est une adaptation du corps, sans danger si l’on reprend le sport dans les mois qui suivent5. »

Radiothérapie plus efficace

Amélie Rebillard s’intéresse, quant à elle, à l’effet du sport sur des souris cancéreuses6. Elle veut savoir si une activité physique régulière renforce l’efficacité de la radiothérapie, pour lutter contre le cancer de la prostate7. L’expérience consiste à faire courir des souris malades, cinq jours par semaine, sur un tapis roulant. La radiothérapie seule fait régresser la tumeur. L’activité physique seule ralentit la croissance de cette tumeur. Et la combinaison des deux rend la radiothérapie plus efficace ! « Nous avons montré que la pratique sportive augmente le nombre de cellules tueuses du système immunitaire, qui s’attaquent à la tumeur », explique la chercheuse.

Comme un médicament

Si l’activité physique améliore la radiothérapie, « elle devient inefficace lorsque les patients prennent des antioxy-dants », prévient toutefois Amélie Rebillard. L’équipe de biologistes l’avait montré dans une étude précédente. Bien sûr, il ne suffit pas de faire du sport, et surtout, cette activité doit être adaptée au traitement thérapeutique. « Pour soi-gner certains patients, le sport est comme un médicament. Mais nous devons déterminer la durée, les doses et les contre-indications. »

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Morgane GUILLET

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