En mission dans l'océan Antarctique

Le voilier va s'approcher de l'île de l’Éléphant, refuge des naufragés de l'Endurance d'Ernest Shackelton en 1916. CC BY-SA 2.0 / LIAM QUINN

Parti de Concarneau, le voilier de l’expédition Antarctic Explorers est dans les quarantièmes rugissants. L'objectif est d'étudier la pollution de cet océan polaire et de sensibiliser les scolaires.

Lundi 25 novembre 2019, par 40°06 de latitude Sud et 58°56 de longitude Ouest. Nous venons de rentrer dans les quarantièmes rugis-sants et faisons voile vers les Malouines, à 10 nœuds de moyenne1. Premiers albatros vus dimanche. Ciel et mer bien gris, mais moral au beau fixe. » Ce message envoyé par l’équipage de l’expédition Antarctic Explorers (photo ci-contre) marque le début de leur aventure polaire.

Trois aventuriers et une scientifique

Cette odyssée écologique est menée par trois aventuriers : Laurence de la Ferrière2, seule femme à avoir traversé le continent Antarc-tique en solitaire, le célèbre navigateur breton Éric Loizeau3 et Raphaël Domjan, premier éco-explorateur à avoir effectué le tour du monde à l’énergie solaire. Ils seront épaulés dans leur mission par la scientifique Hélène Dubrasquet, spécialiste de l’évolution des algues et du plancton à l’Institut des sciences de l’environnement et de l’évolution, à Montpellier.

En cette année du bicentenaire de la découverte de l’Antarctique4, l’expédition a deux objectifs. Sensibiliser le grand public aux parti-cularités du continent polaire, grand comme vingt-deux fois la France. Effectuer des prélèvements dans ses eaux glacées, encore peu étudiées. Pour cela, le voilier expéditionnaire fera escale aux îles Malouines, l’île des États face au cap Horn, l’île de l’éléphant et les îles Shetland du sud avant d’arriver sur la péninsule Antarctique.

30 classes en Bretagne

À ce jour, 563 classes, dont 30 en Bretagne5, suivent la mission. Des supports pédagogiques sont mis à leur disposition sur le site créé par le Futuroscope6 pour découvrir les caractéristiques du plus grand désert glacé du monde, où les températures descendent sous les -90° C et les vents dépassent les 350 km/h. Les enseignants y trouveront le récit des aventuriers du Grand Sud, des documents sur la faune, la géographie ou le Traité international qui protège l’Antarctique.

Pollution plastique et plancton

Il est à craindre que l’océan et les îles par lesquelles passera l’expédition soient pollués. C’est pourquoi Éric Loizeau effectuera deux fois par semaine des prélèvements d’eau de mer. Analysés par un laboratoire en Hollande, ils permettront d’identifier l’existence ou non d’une pollution plastique de cette partie de l’océan Antarctique et son impact sur le plancton. Les prélèvements effectués par la biologiste Hélène Dubrasquet serviront à mieux connaître la diversité génétique des algues de ces régions et de mieux cerner les liens entre les zones subantarctique et antarctique. L’expédition se terminera fin janvier 2020, avant une web émission avec l'équipage et les classes participantes, le 4 février 2020.

Marc Beynié

Notes

1. Soit 18,5 km/h.
2. Laurence de la Ferrière a dirigé la base polaire Dumont d’Urville entre 2008 et 2010.
3. Éric Loizeau a remporté deux étapes de course autour du monde en équipage en 1977 - 1978, dont celle du cap Horn. Il a gravi l'Everest en 2003.
4. Le 19 février 1819, le capitaine britannique William Smith découvre l'existence d'un continent austral à bord de son navire, le Williams of Blyth.
5. Neuf en Ille-et-Vilaine, huit dans le Morbihan, huit dans le Finistère et cinq dans les Côtes-d’Armor.
6. En partenariat avec la Fondation Prince Albert II de Monaco.

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