Parkinson : mieux vivre jusqu’au dernier jour
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Dans les unités de soins palliatifs, les personnes souffrant de la maladie de Parkinson seront mieux soignées.
« Dans le monde, la moitié des patients atteints de Parkinson ont vu leur traitement en dopamine s’arrêter brutalement avant leur décès, constate le neurologue Marc Vérin, directeur du centre expert Parkinson au CHU de Rennes. Cette molécule leur était pourtant vitale ! Il est probable que cet arrêt ait favorisé leur décès. » Cette interruption du traitement est due à une méconnaissance médicale.
Pour améliorer la prise en charge de ces patients dans les unités de soins palliatifs en Bretagne, deux neuroscientifiques cliniciens et deux professionnels de ces unités s’associent au sein du projet de recherche Apo Pallia1.
Des pathologies nombreuses
« La France compte 200 000 personnes souffrant de la maladie de Parkinson2. Les professionnels en soins palliatifs ne sont pas toujours bien formés pour répondre à leurs besoins », explique Marc Vérin. « Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y a pas forcément de prise en charge particulière pour ces patients, complète Manon Auffret, docteure en pharmacie et en neurosciences3. Les professionnels de santé ne sont pas experts de toutes les pathologies, qui sont très nombreuses ! Nous sensibilisons nos confrères aux médicaments existants, parfois méconnus. »
Pour compenser le manque de dopamine, il existe des comprimés oraux. Mais certains patients ne peuvent pas les prendre. Une autre solution existe : la pompe à apomorphine. Elle permet de diffuser la molécule en continu, pour éviter les risques de fluctuation de la maladie4. Cette solution est présente sur le marché depuis trente ans, mais elle est peu connue, donc peu utilisée.
Le projet Apo Pallia vise à créer un lien entre les unités de soins palliatifs et les neurologues spécialistes de Parkinson. L’objectif est d’avoir des équipes référentes dans chaque département breton. À tout moment, les médecins pourront joindre un neurologue pour vérifier que le traitement qu’ils comptent prescrire convient au patient.
Pas de contre-indication
En outre, cela permettra de s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indication avec les traitements prescrits pour d’autres pathologies. Les patients peuvent en effet cumuler plusieurs maladies graves. Les chercheurs partageront leurs résultats lors d’une journée d’échanges en juin. Les connaissances acquises seront diffusées auprès des gériatres, des médecins généralistes et du personnel de santé dans les Ehpad5. Mais viser les professionnels ne suffit pas. Les patients atteints de la maladie de Parkinson et leurs familles seront aussi sensibilisés à cette prise en charge nouvelle.
1. “Apo” pour apomorphine (dérivé de la dopamine) et “Pallia” pour palliatif.
2. Environ 15 000 patients en Bretagne.
3. À l’Institut des neurosciences cliniques de Rennes.
4. En mimant les effets de la dopamine.
5. Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.
Marc Vérin
02 99 28 98 42
marc.verin@chu-rennes.fr
Manon Auffret
manon.auffret@univ-rennes1.fr
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