Hemarina : du sang en poudre

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mars 2020
La mer nous soigne
ADOBE STOCK
Tortillons laissés sur une plage par l'arénicole, le ver marin étudié par Hemarina.

 

« Lors d’un accident de la route, ce n’est pas la perte de sang qui tue, mais le fait que les organes ne sont plus oxygénés. » Pour résoudre ce problème, l’entreprise Hemarina1, fondée et dirigée à Morlaix par l’ancien chercheur CNRS2  Franck Zal, développe depuis 2017 un procédé industriel pour lyophiliser3 un substitut aux globules rouges humains. Ce substitut est l’hémoglobine d'un ver marin, l’arénicole. « Elle est 250 fois plus petite qu’un globule rouge et se faufile facilement dans les vaisseaux sanguins », détaille Alexandre Garlaschelli, responsable de la production d’Hemarina. « Elle est universelle et peut fixer 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. »

Lyophilisée, il est possible de la conserver cinq ans à température ambiante, contre 42 jours à 4 °C pour une poche de sang humain. Hemarina sait lyophiliser une petite quantité de cette hémoglobine4, mais elle n’est pas encore capable de le faire à grande échelle. La société s’est donc associée à l’entreprise provençale Lyofal et au laboratoire brestois Orphy5 pour mettre au point le procédé industriel et réaliser tous les tests de qualité.

Industrialisation cette année

Le projet est maintenant bien avancé. « Nous espérons une industrialisation cette année. » Une fois l’autorisation de mise sur le marché obtenue, l’hémoglobine lyophilisée pourrait équiper les véhicules de secours et les centres hospitaliers, mais aussi les unités d’urgence des armées en terrain de guerre.

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CLAIRE GUEROU

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