Après le typhon, la terre tremble

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Juillet Septembre 2020
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Philippe Steer, ici en Nouvelle-Zélande, s’intéresse à l’interaction entre les séismes et l’érosion, grâce à des modèles numériques.

L’érosion des paysages provoquerait-elle des séismes ?

Philippe Steer, géologue à l’Osur1, le démontre2. Les scientifiques ont observé qu’après le passage du typhon Morakot à Taïwan en 2009, la fréquence des séismes a augmenté significativement pendant deux ans. Le typhon a fait pleuvoir pendant trois jours jusqu’à trois mètres d’eau ! Soit quatre fois plus qu’une année entière de pluie à Rennes. La tempête a déclenché l’équivalent de plus d'un kilomètre cube de glissements de terrain. « Si vous enlevez ce volume de roche sur la taille de l’Ille-et-Vilaine, cela fait 15 cm d’abaissement du sol sur l’ensemble du département », compare le géologue.

Augmentation des séismes

Les géologues ont constaté que l’augmentation de la fréquence des séismes était localisée à faible profondeur, sous les zones des glissements de terrain.
Les modèles mathématiques indiquent que la masse enlevée en surface a modifié l’état de contrainte3 dans la croûte… Et provoqué ainsi des tremblements de terre. « Des séismes ont lieu tous les jours à Taïwan. Cependant, seuls des évènements d’érosion extrême, comme le cyclone Morakot, permettent d’établir un lien entre l’érosion et les séismes, tempère le chercheur. Certains typhons moins puissants n’auront qu’un faible effet. » Cette découverte aide à appréhender les risques sismiques.

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PAULE-ÉMILIE RUY

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