Prévenir l’ivresse chez les jeunes

396
février 2022
SHUTTERSTOCK

Aider les adolescents à gérer leur consommation d’alcool. C’est l’objectif de Prevado, une étude lancée par une équipe brestoise.

« Un jeune Breton de 17 ans sur quatre expérimente au moins trois épisodes d’ivresse par mois », relate Morgane Guillou, psychiatre et addictologue au CHRU de Brest. Le binge drinking1, qui ne se limite pas à la consommation de quelques verres, est très fréquent en Bretagne par rapport aux autres régions de la métropole. « C’est culturel et la banalisation chez les adultes déteint sur les adolescents. »

Prevado2, un projet de recherche démarré en octobre dernier par Morgane Guillou et son équipe, a pour objectif de réduire les risques liés à la consommation d’alcool chez les gens âgés de 14 à 17 ans. « Au sein de cette population, près de 95 % des individus ont déjà expérimenté un verre d’alcool. Ils n’ont pas forcément eu des ivresses : c’est l’idéal car nous souhaitons intervenir précocement, précise la psychiatre. L’objectif de Prevado étant d’aider les jeunes à prendre de meilleures décisions pour se protéger. »

Quatre traits de personnalité

Le recrutement des 350 adolescents pour l’étude est en cours. Les volontaires remplissent un questionnaire pour identifier leur mode de fonctionnement. Ceux qui sont anxieux, à la recherche de sensations fortes, impulsifs ou encore ceux présentant des pensées négatives seront sélectionnés. Car lorsqu’ils sont très marqués, ces quatre traits de personnalité sont souvent associés à des comportements d’ivresse fréquents. Les participants bénéficieront de deux séances individuelles ou collectives avec un psychologue qui les aidera à mieux se connaître pour qu’ils identifient rapidement les situations où ils prennent des décisions irréfléchies… Qui poussent parfois à une consommation excessive, pouvant les mettre en danger.

« Ce programme, déployé depuis 20 ans en milieu scolaire au Québec3, a prouvé son efficacité à long terme avec une réduction de 50 % des comportements d’ivresse. » Enfin, certains pays4 ont même démontré que ce type d’intervention diminuait l’absentéisme scolaire, l’anxiété ou encore la dépression.

Tabs

PAULE-ÉMILIE RUY

Ajouter un commentaire

L'ACTUALITÉ