Transport maritime : levons le pied

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N° 396 - Publié le 27 janvier 2022
SHUTTERSTOCK

Marées noires, pollution sonore, collision avec les animaux marins… Le transport maritime met en danger la biodiversité.

Et si ralentir le déplacement des navires permettait de réduire ces dommages environnementaux ? Pour répondre à cette question, une équipe franco-canadienne, coordonnée par des chercheurs brestois, a analysé1 de nombreuses études scientifiques consacrées à ce sujet. Leurs conclusions viennent d’être publiées2.

Une baleine sur cinq

Le résultat est clair : « Le ralentissement des navires3 est bénéfique pour réduire diverses menaces, allant des collisions aux pollutions chimiques et sonores, en passant par les transports d’organismes indésirables dans les eaux de ballasts4, explique Jean-Luc Jung, enseignant-chercheur en biologie marine à l’Université de Bretagne Occidentale5. Par exemple, ralentir de 10 % la vitesse permettrait d’abaisser de 13 % les émissions de gaz à effet de serre, d’atténuer de 40 % le niveau sonore dans l’eau mais aussi d’éviter une collision sur deux avec un cétacé. »

En effet, on constate que sur l’ensemble des baleines retrouvées mortes en Méditerranée, une sur cinq est décédée des suites d’une collision. Modérer l’allure du bateau diminue aussi le risque de collision avec des objets inertes6 à l’origine de dommages corporels et environnementaux. Sans parler des économies de carburant. Mais pour que ces changements aient lieu, encore faut-il que les échanges commerciaux réduisent la voilure…

MARIE HILARY

1. À l’issue d’un colloque international sur le transport maritime et la protection de la biodiversité, organisé à Brest en 2019.
2. Dans Science of the total environnement.
3. Aujourd’hui, leur vitesse moyenne est comprise entre 14 et 25 nœuds.
4. Réservoirs d’eau de mer remplis ou vidangés pour optimiser la navigation.
5. Au laboratoire ISYEB.
6. Entre 2007 et 2017, 800 collisions avec des objets inertes ont été répertoriées.

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