Moins étudiés, les insectes aquatiques disparaissent aussi

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avril 2022
Les insectes en chute libre
ROB MITCHELL
Éphémères

 

Dans les cours d’eau, les mares ou les flaques, les insectes grouillent. « Près de 4 000 espèces vivent dans ces milieux », précise Christophe Piscart, écologue CNRS au laboratoire Ecobio1 à Rennes. À l’instar de leurs homologues strictement terrestres, les insectes aquatiques disparaissent. La faute à la hausse des températures, à la pollution de l’eau par certaines pratiques agricoles et aux ouvrages humains qui dévient les courants. Ce déclin n’est pas anodin : les invertébrés lacustres2 représentent une part non négligeable de la biomasse3. « Plus de 80 % des insectes aquatiques ne sont dans l’eau qu’au stade larvaire. Après leur envol pour se reproduire, certains sont consommés par des oiseaux, chauves-souris ou arthropodes, d’autres meurent et fertilisent ainsi le sol ».

Mécanismes singuliers

Au fil de l’évolution, ces invertébrés dits amphibiotiques car ils évoluent dans l’eau et l’air ont développé des mécanismes singuliers pour respirer. Par exemple, le dytique qui appartient au même ordre4 que le scarabée piège une bulle d’air sous ses deux élytres5 lorsqu’il plonge. Il peut ainsi rester sous l’eau pendant au moins une dizaine de minutes. « D’autres, tels que les larves de moustiques, possèdent un siphon qui leur sert de tuba. » Quant aux diptères, comme les mouches, leur peau est tellement fine qu’elle laisse passer l’oxygène de l’eau. On parle de respiration cutanée. Il est clair que les insectes aquatiques présentent une grande diversité qui mérite d’être protégée.

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PAULE-ÉMILIE RUY

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