« Je manquais de confiance en moi pour faire des mathématiques »
Portrait
Pneumologue et professeure de médecine à Nantes Université.
J’aurais quand même été chercheuse, mais en mathématiques. Adolescente, j’avais un goût prononcé pour les raisonnements abstraits. Le problème, c’est que je manquais de confiance en moi. Je suis allée en médecine par peur de l’échec en mathématiques et pour son côté humaniste. J’ai finalement été rattrapée par le virus de la recherche.
À l’université, j’ai trouvé un lien très fort entre enseignement et recherche. C’est d’ailleurs en préparant un cours sur les inégalités d’accès aux soins que j’ai eu envie de réorienter mes travaux dans cette direction.
Je ne crois pas au hasard. Comme Winston Churchill, je pense que la chance réside avant tout dans l’attention portée aux détails. Même lorsque les découvertes sont fortuites, il faut de très bonnes connaissances scientifiques pour les exploiter.
La tranquillité d’esprit. Je ressens plus de stress au long cours dans la recherche que dans mon activité de médecin. Les financements sur projet, qui sont des contrats de 3 à 5 ans, induisent une forte pression au résultat.
Rien. C’est à la société de décider de l’utilisation qu’elle souhaite avoir de certaines découvertes. L’investissement des citoyens dans les processus de recherche est essentiel, notamment en matière de bioéthique.
Un outil pour comprendre toute la complexité du vivant. Celle-ci est à la fois fascinante et impossible à appréhender dans son entièreté.
Je ne doute pas de la rationalité, mais de la manière dont elle est transmise. Je suis impressionnée par le poids des croyances, des biais cognitifs ou des discriminations liées au genre.
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du magazine Sciences Ouest